LECTURE DE LA SAGA

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Il en sera de même pour Fantasmaginaire 2, 3, 4 et 5.

lundi 28 avril 2014

F3 épisodes 85, 86, 87, 88




 Episode 85


 Le rêve d’Icare.


30 septembre 11heures du matin. Melle Véra convoque tout le monde dans le grand salon.

-        J’ai réussi à contacter mon ami Bonemain. Je ne lui ai pas dit ouvertement que c’était le prédicateur Horace de Fantenay qu’il allait transporter jusqu’au château car je me méfie du téléphone. J’ai fait de discrètes allusions pour qu’il comprenne de quoi il s’agissait. Ce fut difficile mais au bout d’un moment il a commencé à piger que nous parlions du prédicateur et que nous avions l’intention de l’attraper et de le transporter. Je peux vous dire que par l’intonation de sa voix il était très enjoué de participer. Donc, il est d’accord ! Annonce-t-elle avec un grand sourire.

-        Ça c’est une bonne nouvelle. Est satisfait le mage Arnak.

-        Il est courageux ton pote parce que si jamais sur la route il se fait coincer avec le prédicateur en chargement ça risque de lui couter cher. Emet Jack.

-        Oui, je ne lui aie pas forcé la main, mais il m’a dit que les voies de circulation étaient de moins en moins surveillées. C’est surtout les gares les aéroports, les ports et les autoroutes qui sortent du pays qui sont étroitement contrôlés. De toute façon je n’aie pas trop parlé des détails de l’opération avec lui au téléphone. Son frère possède une grande ferme avec des chambres d’hôtes, c’est là que nous logerons, m’a-t-il proposé. Je dois seulement lui confirmer le jour de notre arrivée et il s’occupera de tout.

-        C’est loin de la planque d’Horace de Fantenay ? Demande Gary.

-        Une quarantaine de kilomètres.

-        Parfait, nous avons assez perdu de temps ces derniers jours, on fait nos bagages, on charge les voitures et on y va. Tu peux prévenir tout de suite ton ami. Dit le mage Arnak.

-        Non, il est hors de question d’y aller avec nos propres véhicules. Nos immatriculation pourrait attirer l’attention, vaut mieux passer inaperçu pour mettre toutes les chances de notre côté. Evoque Melle Véra.

-        Et comment on va y aller là-bas ? Questionne Sourire.

-        Je pense que j’ai une idée qui va faire plaisir à certains. Répond Melle Véra en dessinant sur ses lèvres un sourire malicieux.

-        On y va tous sur ton vélo ! Plaisante Ellie.

-        Non mais je crois que l’avion sera un moyen de transport parfait.

-        Les machines qui volent comme des oiseaux ? S’époumone Dorine.

-        Avouez que ça va vous faire une bonne et inoubliable expérience. Rigole Melle Véra.

-        Ce n’est pas jouable, les aéroports sont étroitement surveillés. Réprouve Jack.

-        Sur les lignes internationales mais pas sur les intérieures. Répond Melle Véra.

-        OK, mais ça coute bonbon un billet ! Dit Ellie.

-        Il me reste des triangles d’or et pour cette expérience je suis prêt à tout dépenser ? S’enthousiasme Arnak.

-        Cet après midi nous irons à Tarbes, nous avons l’adresse d’un autre acheteur. Vaut mieux ne jamais retourner chez le même. Prévient Melle Véra. Et ensuite, ajoute-t-elle, nous irons à l’aéroport de Pau-Pyrénées voir ce qu’il y a comme possibilité de vol sur Brest.

Mike s’assoit sur un fauteuil et regarde longuement à travers la fenêtre le ciel gris.

-        On va monter là-haut. Dit-il les yeux illuminés.

-        Quand on va raconter ça à notre retour, on ne va jamais nous croire. Imagine Lady Dark.

-        Ouais, on ne va d’ailleurs pas croire grand-chose de ce qu’on va leur dire. pouffe Mirabelle.

-        Un jour futur, peut-être il y aura aussi des avions, des télévisions, des téléphones et des ordinateurs à Fantasmaginaire. Dit le mage.

-        En attendant ce futur, passons en cuisine, ça se fête un jour comme ça, apéro pour tous ! Invite Baccardi.

Comme prévu, en tout début d’après midi, Melle Véra, Mirabelle et le mage Arnak se rendent à Tarbes et ensuite à l’aéroport de Pau.

Lorsqu’ils reviennent au château, tout le reste de l’équipe les attend avec impatience. Baccardi à juste collé une petite fessée à sourire et Ellie histoire de passer le temps.

Les billets sont là. Départ le premier Octobre à 9h30 du matin. Ce n’est pas un vol direct, l’avion fait escale à l’aéroport d’Orly avant de se rendre à celui de Brest où l’atterrissage est prévu à 11h50 et là-bas, un minibus de location les attend. Melle Véra prévient de suite son ami Bonemain.

Jack, Sourire et Ellie ne seront pas du voyage car il faut qu’ils restent pour assurer la garde de Childéric Halebard.

Pendant l’absence du reste de l’équipe, ce dernier est privé de sortie pour limiter les risques d’évasion et l’arbalète est remise au trois qui vont rester avec ordre de mettre en joue le prédicateur à chaque fois qu’ils ouvriront la porte de la cellule pour lui donner les plateaux repas et  l’accompagner à sa toilette. Pour plus de sécurité, Gary posera aux chevilles du prédicateur une chaîne cadenassée d’une soixantaine de centimètres de long pour qu’il ne puisse courir. Sourire et Ellie n’ont aucune expérience et seul Jack à reçu un entrainement d’attaque et de défense pendant son séjour à la caserne de Fantasmagination.
Ce choix à été également dicté par une autre considération bien plus humaine. Sourire, Ellie et Jack savent ce qu’est de prendre l’avion contrairement aux natifs de Fantasmaginaire.

Childéric Halebard proteste contre les restrictions de sortie et la chaîne en argumentant qu’il na aucune intention de s’enfuir mais peut-on croire un homme qui à tellement trompé de monde.

Ce soir toute l’équipe est joyeuse ; après la veillée, certaines et certains vont s’endormir avec des rêves de nuages.




 Episode 86


 Comme un oiseau.



1er Octobre 8h40, L’équipe fait la queue au guichet d’embarquement pour y enregistrer les bagages. Ils découvrent émerveillés l’intérieur du hall de départ, les escalators, les tapis roulants et les surfaces d’écrans qui indiquent les vols. Un peu partout, sont placardés des avis de recherche concernant Childéric Halebard et Horace de Fantenay avec une alléchante prime promise.
Plus tard, après avoir pris une boisson chaude à la cafétéria, ils franchissent les contrôles et se retrouvent en salle d’embarquement. Par les grands vitrages ils peuvent admirer les avions. Melle Véra ne peut hélas leur donner d’explications techniques afin d’éclairer le prodige que de tel engins qui, malgré leurs masse et leurs poids, s’arrachent du sol pour grimper vers le ciel.
9h08, nouveau contrôle de la police avant de pénétrer dans le soufflet qui les conduit en cabine.
Les places sont numérotées et les hôtesses sont d’un grand secours pour les natifs de Fantasmaginaire. Dorine est au hublot, à coté d’elle Mike, derrière eux, Aline et Gary. Sur les sièges d’en face Melle Véra et le mage Arnak. Derrière, Baccardi et Lady Dark et encore derrière Mirabelle qui se trouve à côté d’un homme très bien habillé. Certainement un responsable d’entreprise ou un commercial.
Comme des enfants, ils touchent à tous les boutons, ceux des lumières, de la ventilation et du réglage de l’inclinaison des sièges et non aucune attention pour l’hôtesses qui fait une démonstration de gilet de sauvetage.
9h22, les réacteurs sont mis en route et le commandant de bord souhaite la bienvenue en donnant de brefs détails sur le vol vers Orly.
Les originaires de Fantasmaginaire ont le cœur qui accélère quand l’avion commence à rouler sur le tarmac pour se diriger vers la piste d’envol. Melle Véra attache la ceinture du Mage et fait signe à Dorine et Mike d’en faire autant, mais ces derniers n’en comprennent pas le système. L’hôtesse vient à leur secours et fera de même pour les autres de la bande.
L’avion est en bout de piste bloqué sur ses freins, les réacteurs rugissent et soudain c’est le run. L’engin est lâché, il se précipite vers l’autre bout de la de la piste et vibre en passant sur chaque raccord. La pelouse et les lignes pointillées au bord de macadam défilent de plus en plus vite dans les hublots. L’avion se cabre, c’est d’un coup presque le silence et un poids qui plombe les estomacs.
Par les hublots ils regardent le sol s’échapper. Un moment angoissant et magique car pour la première fois de leur vie ils quittent le socle où ils avaient l’habitude vitale de poser leur pieds.
Les champs, les routes, les habitations et les forêts, tout se rapetisse dans l’ascension. Une vision impressionnante et merveilleuse, ils voient ce que voient les oiseaux. Ils découvrent la terre de plus haut que toutes les plus grandes tours de Fantasmaginaire mais cette fois, il n’y à plus rien en dessous qui les relie au sol ; ils sont vraiment comme les oiseaux.
Ils n’avaient jamais, avant ce jour, vécu ce moment et comment auraient-ils pu simplement y songer ?
Le ciel est clair, de là-haut tout devient nouveau, inattendu et féérique. C’est comme les cartes mais avec les vraies couleurs, des reliefs et leurs ombres. L’hôtesse s’amuse de les voir ainsi collé aux hublots ; nul doute qu’elle a déjà eut en cabine des passagers qui prenaient l’avion pour la première fois, mais pourrait-elle seulement deviner que ceux là viennent d’un monde où les avions n’existent même pas en rêve.
Au dessus du massif central les nuages commencent à boucher l’horizon infini du ciel et de la terre. Quelques minutes plus tard la couche est comme un matelas de coton aveuglant au dessous de l’avion. Incroyable pour les natifs de Fantasmaginaire d’être au delà de la couche nuageuse. Et encore plus d’étonnement quand beaucoup plus tard, l’appareil amorce la descente vers Orly et qu’il crève les nuages pour passer en dessous où la pluie tombe.
Les oreilles font mal et quand l’avion touche la piste, le choc un peu brusque fait sursauter nos amis.
Une fois l’engin immobilisé, les portes s’ouvrent pour laisser des passagers descendre. Melle Véra fait signe que ce n’est pas leur tour et qu’ils doivent rester sagement assis. Elle leur montre la manière de décompresser en soufflant par le nez en le bouchant afin de remettre les tympans en place et ainsi éviter le mal d’oreille.
Un bon moment plus tard, de nouveaux passagers prennent place sur les sièges libres et une seconde fois l’hôtesses fait une démonstration de gilet de sauvetage.
C’est reparti pour un tour. Le vol sera plus court mais ils apprécieront le moment ou l’avion traversant les nuages retrouve le soleil et le ciel bleu.
Autre étrange particularité. Gary revenant des toilettes demande à Melle Véra si les urines tombent sur la tête de ceux qui sont les pieds sur la terre.

A 11h50, l’avion stoppe sur le tarmac de l’aéroport de Brest. Un escalier et mis en place pour permettre la descente des passagers. En bas des marches, un autocar attend puis les transporte jusqu’à une porte donnant accès aux salles de récupération des bagages.
Le mage est ravi de l’expérience et ne cesse de donner ses impressions. Les autres le sont tout autant, seule Aline avoue avoir un peu eut peur de tomber.
Bagages récupérés, ils passent un contrôle, puis se dirige vers les comptoirs de location d’automobiles.
Quarante minutes plus tard, après un léger casse-croute, ils chargent le coffre du minibus et avant de prendre la route, Melle Véra consulte la carte pour se rendre chez Bonemain.
La maison familiale de son ami est rapidement trouvée, Ce dernier les attendait et les fait entrer de suite pour les présenter à ses parents et leur offrir du café. L’homme est un gaillard d’un mètre quatre-vingt-sept présentant une largeur d’épaule fort respectable. Une mâchoire taillée au carré, des arcades proéminentes et des cheveux bruns en broussaille lui donnent l’air d’un rugbyman.
Très jovial et pas avare de bon mots il met tout de suite les arrivants à l’aise.
Café bu et présentations faîtes, Bonemain les accompagne chez son frère à trois kilomètres de là et prévient ses vieux parents qu’il est inutile de l’attendre pour dîner. Le frère et sa femme, Madame et monsieur Patacrèpe, possèdent une grande ferme dont une partie annexe est aménagée en chambres d’hôtes. Un revenu supplémentaire car l’agriculture ne suffit plus explique-t-il.
Les chambres sont distribuées. Mirabelle et Gary dans une. Melle Véra et le mage dans la deuxième, Baccardi et Lady Dark dans la troisième, Aline Dorine et Mike dans la quatrième. Une fois bien installés et le frère reparti au nettoyage de son tracteur, Bonemain propose, puisqu’il s’est arrêté de pleuvoir, d’aller au bord de la mer pour parler tranquillement de la mission.




 Episode 87


 Mer grise



Sous la conduite de Bonemain, le minibus s’arrête sur un espace au bord d’une plage un peu avant la petite et la grande île du Bindy.
Les natifs de Fantasmaginaire découvrent pour la première fois la mer de ce monde autrement qu’à travers l’écran de la télévision. Elle n’est pas violette et d’huile comme chez eux. Ils regardent les vagues grises qui s’écrasent sur le sable et glissent mourantes plus haut en déposant l’écume. Plus loin sur les rochers, elle se brise en gerbes blanches. Pour le mage, la Violistène ne pousse pas sur les fonds marins de la mer d’ici. Ainsi explique-t-il à ses amis que l’eau n’est pas violette.
La violistène est une plante aquatique qui se développe en abondance dans les bas fonds des eaux côtières des territoires de Fantasmaginaire. Cette plante produit de la violine, une substance composée de microscopiques particules de couleur violette qui à la particularité d’oxygéner l’eau et pour les petits poissons d’être nutritive. C’est cette substance qui donne la couleur à l’unique océan de Fantasmaginaire mais qui par défaut rend l’eau opaque. Principalement concentré aux abords des territoires, l’eau des îles se trouvant à distance devient, sans perdre sa teinte violette, bien plus transparente.
Ils touchent le sable et l’eau avec curiosité. Le sable est de matière identique mais plus gris que sur les plages de leur monde. Mirabelle, Aline, le mage, Baccardi et Gary rigolent des petits crabes qui se pressent quand les vagues s’étalent sur la grève. Evidement, ces étrilles ne peuvent rivaliser avec les crabes à deux bouches pouvant atteindre, pour les plus gros, une quarantaine ce centimètres de diamètre.




Bonemain est surpris.

-        On dirait que tes amis voient la mer pour la première fois ? Questionne-t-il Melle Véra.

-        Non pas la première fois, mais d’après ce que j’ai lu et qu’ils m’ont raconté, chez eux la mer est très différente et de couleur violette, les marées sont moins importante et elle est très calme car il n’y a pas de vent sauf quand il y a tempête.

-        Violette, tu es certaine ? S’étonne Bonemain.

-        Moi personnellement je n’aie jamais été chez eux donc je ne peux que te répéter ce qu’ils m’en ont dit.

-        Et c’est où chez eux ?

-        Ça c’est la question que je redoutais…. Ecoute, nous allons d’abord discuter de la mission et plus tard, quand nous serons tout les deux tranquilles, je t’expliquerais.

-        Toi tu me caches quelque chose ! Soupçonne Bonemain.

-        Promis je te dirais tout.

-        D’accord, poil au mirador.

Melle Véra appelle ses amis à venir derrière le minibus à l’abri du vent. Une fois tous réunis elle explique à Bonemain la mission en détail et ce qu’ils attendent exactement de lui.

-        Donc tu me dis que la maison où se planque cette pourriture est vers Morgat dans une impasse qui part de la rue du Cap de la Chèvre ? Veut-il en avoir l’assurance.

-        C’est bien ça ! Lui montre-t-elle un plan.

-        Tu es vraiment certaine qu’il s’y trouve ?

-        D’après notre informateur il y a de grande chance mais nous allons d’abord faire quelques reconnaissances. Propose par sécurité Melle Véra.

-        D’accord… Alors une fois que vous avez choppé ce salopard, je dois vous le livrer au château ?

-        Tout à fait, mais rien ne t’oblige si tu trouves la mission trop risquée.

-        Que non ! Rien ne peut davantage me faire bander, si je peux me permettre… Je vais le faire voyager en première classe moi ! poil au doigt !

-        Doucement, il ne faut pas l’abimer, il a une grande excursion à faire après. Intervient Baccardi.

-        Jusqu’en enfer j’espère ?

-        En quelque sorte oui. Confirme l’ex capitaine avec un grand sourire.

-        On en entendra plus parler ? Demande Bonemain.

-        Vous pouvez en être certain monsieur ! Affirme le mage.

-        Alors je suis votre homme ! Tope-là ! Fait-il en tendant sa main à plat.

Le mage lui plaque la sienne par-dessus pour sceller le contrat.

-        Et comment comptes-tu le transporter discrètement car il peut y avoir des contrôles sur la route. Demande Melle Véra.

-        Faut que j’y réfléchisse, mais t’occupe, je vais trouver un moyen. Bon ce n’est pas le tout mais fait pas très chaud, si on allait boire un coup ? J’invite, pas loin d’ici je connais un troquet très bien. Poil aux seins !


Le soir autour de la table, l’ambiance est joyeuse et le plateau de fruit de mer délicieux. Dorine, Aline et Mike ont un peu rechignés à goûter les tourteaux qui leur rappelaient un peu trop les crabes à deux bouches, mais après une première bouchée assaisonnée de mayonnaise ils ont fait honneur aux crustacés. Dîner Achevé, Melle Véra invite son ami Bonemain à prendre l’air. Ils sortent et s’abritent dans la grande entrée de la grange car la pluie tombe de nouveau.

-        Demain matin nous irons tous les deux nous promener du coté de la maison où est supposé se cacher le prédicateur. Annonce Melle Véra.

-        Si tu veux, je connais un peu le coin. Accepte Bonemain.

-        Tu as un appareil photo ?

-        Ho oui, un beau même. Il est dit que c’est un haut de gamme dans les compacts. Douze millions de pixels ma petite dame.

-        C’est parfait mais faudra être discret hein ?

-        James Bond à côté de moi c’est un apprenti, poil au zizi.

-        J’espère qu’il fera meilleur temps, brrr, vivement que je retourne dans mon sud-ouest. Frisonne Melle Véra.

-        En Bretagne il fait toujours beau quand il ne pleut pas, ha, ha, ha, ha ! Parle-moi donc de tes amis, tu me l’avais promis. Réclame Bonemain impatient d’en savoir plus.

-        Je sais que tu ne vas pas me croire mais je vais te le dire quand même puisque tu insistes.  Rigole déjà d’avance Melle Véra.

-        Cause toujours, on verra après, poil au paquet.

Melle Véra lui raconte d’où viennent ses complices et comment Jack est passé puis revenu plus tard avec eux par le même chemin.
A la fin du récit, Bonemain entre plus profondément dans la grange, s’assoit sur une botte de paille en se grattant le haut du front.

-        Celle-là je ne m’y attendais pas… Souffle-t-il.

-        Je savais que tu ne le croirais pas. Pouffe Melle Véra en s’installant à côté de lui.

-        Ben… A vrai dire, avoue que c’est difficile à gober un beefsteak pareil.

-        Je sais, je suis passé par là aussi mais maintenant je suis certaine que tout ça c’est vrai.

-        Ha oui ! Comment, pourquoi ? S’étonne Bonemain.

-        Comme tout le monde tu as appris ce qui c’est passé à Foix, Pamiers et Cahors. Lui demande Melle Véra.

-        Qui ne serait pas au parfum avec le battage quotidien dans les journaux et la télé. Clairement ça me fiche les flutes tout ça. Ils ont peut-être bien raison les journaleux quand ils disent que nous avons libéré les puissances du mal.   C’est de la faute à ces salopards de prédicateurs ça ! C’est peut-être bien le début de l’apocalypse. Enfin je n’en sais rien mais…. On va peut-être bien tous crever avec ces conneries.

-        Mais non ! Tu veux que je te dise, j’étais sur place et j’ai vu et je sais. Le rassure Melle Véra.

-        Tu sais quoi, poil au doigt ? Hausse les épaules Bonemain.

-        Ce que je vais te révéler tu le gardes pour toi. Même pas à tes parents, ton frère et tes meilleurs amis. Tu promets ?

-        Ben…

-        Tu promets ? Répète Melle Véra.

-        Oui, parole de Bonemain !

-        Tu as vu parmi mes amis celui qui est le plus âgé ?

-        Le gus que vous appelez le Mage.

-        Oui, celui qu’on appelle le Mage. Et bien tous les phénomènes c’est lui ! C’est un illusionniste comme je n’aie jamais vu et comme personne sur terre n’a jamais vu. Relate Melle Véra avec un regard illuminé.

-        Tu plaisantes là, poil aux pieds plat.

-        Non Bonemain je ne plaisante pas ! tout ce qui à été vu, le dragon, les grosses chauves-souris, les diables et tout le reste, c’est lui ! J’étais présente et tu veux que je te dise encore autre chose : De l’hôtel de Pamiers, Childéric Halebard n’a pas réussi à s’enfuir de France et encore moins s’exiler secrètement dans un pays qui l’aurait accueillit, non, il est dans un cachot du château, c’est nous qui l’avons kidnappé à l’hôtel et Horace de Fantenay, si on arrive à l’attraper, ira le rejoindre en attendant de pouvoir les transférer tous les deux à Paris via les catacombes. Lui relate Melle Véra.

-        Tu dis que l’autre prédicateur il est… Non ! N’en croit pas ses oreilles Bonemain.

-        Oui, il est enfermé dans un cachot de mon château et si on réussit cette mission, je te le prouverais quand tu livreras Horace de Fantenay.

L’homme ne dit plus rien, il est comme sonné et tasse sa masse sur la botte de paille en regardant interrogatif son amie. Au bout d’un petit moment il s’anime comme s’il venait de se réveiller.

-        Ben merde alors ! Si on m’avait dit qu’un jour…. Ben merde ! Fait-il un peu déboussolé par ce que viens de lui révéler Melle Véra.

-        Ça décoiffe hein ? Plaisante-t-elle.

-        Tu l’as dit, poil au ouistiti.

-        Voilà pourquoi je te demande de tenir ta langue.

-         Oui, ça je pige.

-        Maintenant tu sais presque tout et si tu es sage, je demanderais au mage Arnak de te faire quelques belles démonstrations. Lui promet Melle Véra.

-        Heu.. Oui… Bon moi je crois que je vais rentrer me pieuter ? j’en aie bien besoin. Dit-il en se décollant de la botte de paille.

-        N’oublie pas, demain on va faire un tour du côté de Morgat. Lui rappelle Melle Véra.

-        Oui… Oui bien sûr, quelle heure ?

-        10 heures ça te va ?

-        On va faire comme ça. A demain alors.



Episode 88


 Espionnage.


2 Octobre 10 heures du matin. Quand Bonemain arrive dans la cour de la ferme de son frère avec son vieux 4X4, Melle Véra est en grande discussion avec Aline, Lady Dark et Dorine. Il patiente quelques minutes avant que Melle Véra quitte ses amies et s’installe sur le siège passager.

-        Bonjour Bonemain fait-elle joyeusement.

-        Salut ! Tu as l’air en pleine forme toi. Lui retourne-t-il les politesses.

-        Oui ça va et en plus ce matin il ne pleut pas.

-        Avec la marée ça va se dégager et il va faire beau. Prévoit Bonemain en démarrant.

-        Tu as l’appareil photo ?

-        Oui avec batterie gavée et mémoire vide, poil au bide.

Trois quart d’heure plus tard il stationne son véhicule à l’entrée d’un petit chemin.

-        La maison se trouve plus en arrière mais je ne veux pas entrer dans l’impasse tu comprends. Ce chemin mène au sentier côtier, nous allons tranquillement nous promener comme un couple en vadrouille et je te montrerais, si ton plan est juste, quelle baraque c’est. Dit Bonemain en passant son appareil photo autour du cou.

-        Pas très discret ça. Lui en fait la remarque Melle Véra.

-        Au contraire, bien en vue comme un vulgaire touriste ça attire moins l’attention que quelqu’un qui le planque et fait des photos par-dessous sa manche ou son blouson. Tu vas voir, c’est avec cette méthode que je prenais en loucedé les jolies qui se dandinaient dans la rue en mini jupe. Je suis un spécialiste !

-        Je ne demande qu’à te croire. Sourit Melle Véra.

La femme et l’homme vont bras dessus-bras dessous vers la mer puis empruntent la voie côtière.
Dans le ciel les nuages filent vers l’intérieur des terres et déjà des taches de lumière éclairent la mer et les landes.
Un peu plus tard, Bonemain avertit que la maison est en vue. En vue est un bien grand mot car des arbres la dissimulent de moitié. C’est une construction massive de granit à trois niveaux dont le dernier est sous comble présentant des chiens assis. La maison est grande et quand on passe bien dans l’axe on peut entièrement la voir. Sur le coté de l’esplanade où sont garés trois véhicules, se trouve un hangar.
Melle Véra entend le déclic de l’appareil ; Bonemain ne le porte pas à son œil, il le laisse suspendu à son cou et prend les clichés sans viser avec la petite télécommande qu’il a au fond de sa poche.
Beaucoup plus loin, ils font demi-tour et reviennent sur leur pas. Au passage, Melle Véra remarque que devant la maison il y à quatre personnes qu’elle ne peut réellement définir à cette distance. Bonemain continu à prendre des photos sans jamais regarder en direction de la maison.
Le ciel est totalement dégagé et le soleil baigne les bords de mer.
De retour au 4X4, Melle Véra se défait de son écharpe de laine.

-        Je te l’avais dit, en Bretagne il fait beau quand il ne pleut pas, ha, ha, ha, ha ! Rigole Bonemain en tournant la clef dans le contacteur.

-        Il fait bon même. Apprécie Melle Véra en ouvrant la vitre.

-        Oui, on a encore de très belle journée en octobre. Précise l’homme en enclenchant bruyamment la première vitesse.

-        Elle était assez loin la maison du sentier, tu crois que pour les photos ça va être bon ? Doute Melle Véra.

-        Pas de problème, on va agrandir avec l’ordinateur, j’ai apporté mon portable parce qu’il ne vaut mieux pas utiliser celui de mon frère, on ne sait jamais. Avec ce que tu m’as révélé, ne prenons aucun risque. Répond Bonemain.

-        Tu as raison… En parlant d’autre chose, tu donnes encore des fessées ?

-        Des fessées ? Ma pauvre, depuis qu’ils ont fermé mon bar à Paris mes mains n’ont jamais retouché une paire de fesses. Les salauds quand j’y pense ! Peste Bonemain.

-        ça va donc faire plus d’une année.

-        Hé oui… Soupire l’homme.

-        Est-ce que ça te ferait plaisir de reprendre de l’exercice ? Lui pose la question Melle Véra.

-        Ha, ha, ha, ha ! Pourquoi tu te proposes, poil à la chose ?

-        Bien sûr que non, tu sais bien que je suis une fesseuse.

-        Alors tu as des adresses, hein c’est ça ? C’est vrai que les brigades blanches ne rôdent plus et que les poulets ne nous cavalent plus après ces derniers temps. Allez, dis-moi et on y va tout de suite. La presse Bonemain.

-        Je n’aie pas d’adresse, j’ai beaucoup mieux. Le fait languir Melle Véra.

-        Beaucoup mieux, houuu ! Raconte vite, ne me fait pas poireauter comme ça parce que j’ai l’asperge qui commence à frétiller, poil au pied.

-        Tu as remarqué les trois jeunes femmes avec lesquelles je discutais ce matin quand tu es arrivé ?

-        Oui… il y en à une, si je me souviens, c’est Aline…. Non tu ne vas pas me dire que…

-        Hé bien si !

-        Et les deux autres ?

-        Pareil pour les trois ! Répond Melle Véra.

-        Noooonnnn !!!!!

-        Quand nous seront rentré tu choisiras. Lui promet-elle en s’amusant de Bonemain qui ne sait plus comment se caler sur son siège.

-        Tu ne vas pas me dire aussi que tu t’es recyclé en mère maquerelle quand même ? poil au sperme ! Mazette, tu n’aurais pas perdu de temps depuis que les foldingues de la vertu ouvrent moins leurs gueules.

-        Mais non, jamais je ne ferais ça. C’est juste que mes amies aiment la fessée, c’est aussi simple et comme je leur en ai touché deux mots ce matin, elle sont d’accord.

-        C’est pas vrai ça, poil au doigt ? Tu… Tu leur…. Tu leur as dit que j’étais fesseur ?

-        Oui !

-        Et….Et elles sont d’accords ? Jubile d’avance Bonemain.

-        Oui !

-        Mais alors si elles sont toutes d’accord je peux prendre les trois ? Sollicite l’homme de plus en plus agité.

-        Si tu te sens assez fort pour assurer trois fessées, pourquoi pas.

-        Tu rigoles j’aie plein de fessées à la bourre ! Si tu en a une quatrième je suis preneur, poil au cœur !

-        Désolé Bonemain, elles ne sont que trois. Il y a bien Mike mais c’est un homme…. Même avec une perruque ça ne passera pas. Rigole Melle Véra en refermant la vitre.

-        Un mec, mais pas de problème, je le prends aussi. J’aime bien de temps en temps fesser les mecs ça me permet de me dégourdir la main, je frappe plus fort, ha, ha, ha, ha !

-        Je lui demanderais s’il est d’accord. Lui répond-elle sans rien assurer.

-        Et les quatre, d’après ce que tu m’as dit hier soir, ils ne sont pas d’ici ?

-        Non, ils sont de Fantasmaginaire. Répond Melle Véra sachant pourtant que son ami n’y croit pas un seul instant.

-        Incroyable ça… ha, ha, ha, ha ! Non, ton histoire de ces gens qui viennent d’un coin de l’autre côté des catacombes je ne la gobe pas. Ricane-t-il.

-        Tu n’es pas obligé.

-        Leurs fesses sont faîtes pareille que nous ? Blague-t-il caustiquement.

-        Identiques ! Garantit Melle Véra.

-        Alors qu’il soit de Zanzibar où d’ailleurs, ça n’a pas vraiment d’importance, poil à la chance. Ho, hooooo ! je vais me régaler moi ! Jubile Bonemain en accélérant l’allure.

-        Pas la peine de te presser, ce ne sera pas avant cet après-midi. Lui fait la remarque Melle Véra.

-        Ha bon ? Relâche-t-il un peu son pied sur la pédale.

-        Ce matin on étudie les photos de la maison. Impose-t-elle.

-        Bah, après plus d’un an sans, je peux bien attendre encore quelques heures, poil au beurre. Fait Bonemain fataliste.

-        On te doit bien ça vu l’aide que tu nous apporte et les risques que tu prends.

-        Si on m’avait dit ça un jour. C’est à se demander si je ne rêve pas ?

Revenu au gîte, Bonemain branche son ordinateur sur une prise de courant et introduit sa mémoire d’appareil photo dans le lecteur. Au terme de quelques manipulations, le fichier apparait à l’écran et le tri des images commence. Une bonne moitié des clichés sont mal cadrées ; on ne voit que le ciel et le haut des arbres ou l’herbe et les troncs. Une fois les mauvaises vues envoyées à la corbeille, Bonemain déplace le reste dans un logiciel de retouche qui permet d’agrandir et de recadrer.
Rien n’indique qu’Horace de Fantenay y réside mais cela n’étonne personne ; recherché, il ne ferait pas l’erreur de se montrer. Dans les quatre personnes aperçues devant la maison l’agrandissement montre une femme, Peut-être cette fameuse éminence grise dont parlait Childéric Halebard mais rien ne l’affirme. Les trois autres personnes sont des hommes habillés sobrement et qui n’ont rien de l’image traditionnelle que montrent habituellement les gardes du corps ou des hommes de mains.

-        Qu’est-ce que tu en penses Arnak ? Demande Mirabelle.

-        Pas grand-chose… Soupire-t-il.

-        M’ouais… Ce n’est pas dans la poche. Grogne Gary.

-        Aucun indice ne nous montre qu’il est dans cette maison. Ajoute Lady Dark.

-        Une chose positive, elle est facile d’accès et il ne sera pas difficile d’y entrer. Juge Mike.

-        Ne crois pas cela, si le prédicateur est bien là dedans, les portes sont surement équipées de fermetures à plusieurs points comme celle du hall du château. Contredit Melle Véra.

-        Et les fenêtres en double vitrage anti effraction, poil au rognon ! Ajoute Bonemain.

-        Peut-être même une surveillance électronique. Remet Melle Véra.

-        Faudra alors un peu forcer la main au portier. Dit Dorine.

-        Si toutefois il y a un portier. Emet Gary.

-        Il faut continuer à prendre régulièrement des photos pour voir un peu comment ça bouge autour de cette maison. Propose Aline.

-        Tu as raison, mais demain, ce ne sera pas Melle Véra et monsieur Bonemain ; il faut changer tous les jours sinon ça va paraitre louche. Expose Baccardi.

-        Très juste ! Approuve le mage.

-        J’irais avec Lady Dark ! Monsieur Bonemain, il faut que vous m’appreniez l’utilisation de votre appareil. Dit Baccardi.

-        Très simple, avec moi en cinq minutes vous devenez un photographe confirmé. Poil au nez.

-        D’accord, on fait ainsi ! Confirme le mage Arnak.

Le téléphone portable de Melle Véra sonne, elle regarde l’écran et annonce que c’est Jack. Elle s’isole dans la pièce d’à coté et reviens trois minutes plus tard.

-        Tout se passe bien au château. Annonce-t-elle.

Bonemain repart chez ses parents pour déjeuner. Dans la salle du bas, Madame Patacrêpe à dressé la table et invite ses hôtes à prendre place.




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