LECTURE DE LA SAGA

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Il en sera de même pour Fantasmaginaire 2, 3, 4 et 5.

lundi 28 avril 2014

F3 épisodes 73, 74, 75, 76




 Episode 73


L’attente.


16 Septembre, 7H30. Les membres du groupe se séparent pour se rendre au Pont Valentré. Il y a déjà beaucoup de monde et il ne va pas être aisé de trouver des places aux endroits prévus.

Le mage Arnak avait choisit sa place sur la rive gauche en hauts des gradins de la tribune publique, l’emplacement était idéal selon lui.
Il passe les contrôles et les fouilles. Pas de portable, pas d’appareil de prise de vue ni de matériel électronique, les contrevenants sont refusés. Sur le site, seules les caméras de la chaine privée du prédicateur sont en place, son image est parfaitement contrôlée par son organisation et les droits de diffusion seront vendus aux chaines de télévision demandeuses. Des caméras sont aussi positionnées par la police pour surveiller la procession et les tribunes. Pour le mage, aucun problème, son premier travail sera de brouiller tout matériel de prise de vue, les composants électriques et électroniques sont vulnérables à ses ondes et il les a parfaitement cerné pour altérer momentanément, mais efficacement leur fonctionnement.

Sourire prend son poste également sur la rive gauche sur une estrade ensoleillée. Elle se cale tant bien que mal dans un angle, met sa casquette, s’assoit sur le bois et ouvre un livre de mots fléchés. A côté d’elle quatre femmes s’agenouillent et chuchotent d’incompréhensibles prières.

Mirabelle est sur le quai de la même rive, elle s’installe à l’ombre de l’auvent à côté d’un groupe de personnes âgées venues en car. Un homme, la soixantaine passée habillé de son plus beau costume, lui propose un bonbon à la menthe. Mirabelle accepte la friandise et le remercie d’un gracieux sourire. L’homme se retourne vers ses amis masculins et les gratifie d’un clin d’œil entendu comme s’il voulait affirmer que son charme était encore irrésistible.

Un peu plus loin, à droite du pont, Gary arrive à trouver une petite place. Il est entouré d’une bruyante famille et de leurs quatre enfants qui ne semblent pas accorder plus d’intérêt à la procession qu’ils en avaient pour leur premier biberon.

Rive droite, Ellie s’installe sur les bancs de la tribune déjà presque complète. Elle se coiffe d’un joli chapeau de paille au bandeau tricolore et sort de son sac un roman policier.

Aline est en contrebas sur les bords du fleuve, petite plateforme mal placée donc peu prisée pour le moment. Elle s’assoit sur les longs bancs de bois et regarde l’eau défiler. Des canots de la sécurité inspectent les rives et les épais piliers du pont. Sous les arches, des hommes suspendus contrôlent si aucun matériel suspect n’aurait été fixé aux voutes.

Baccardi se poste à la tribune face à l’alignement de la chaussée du pont, il s’adosse à la rambarde et croise les bras. Plus loin sur une estrade à sa gauche il aperçoit Lady Dark qui joue un peu des coudes pour dénicher une petite place. Pas un signe, personne ne doit être témoin de la moindre complicité entre les membres de l’équipe, les caméras de la télévision privée d’Horace de Fantenay et celles de la police filment.

Mike est sur la même rive et s’appuie sur le poteau d’un panneau de signalisation en rajustant sa casquette. De son sac, il sort un cahier et un crayon ; il admire beaucoup ce pont et pas maladroit en dessin, va le croquer.
Jack est à l’angle d’un muret entouré de femmes habillées aux couleurs du prédicateur qui surveillent un groupe de préadolescents.
Tout le monde est en position.

A 10 heures, les emplacements réservés au public sont complets, la police refuse d’autres entrées et bloque les accès au site. L’unique tribune vierge est celle des officiels. Sur le fleuve, des barrages flottants sont installés en aval et amont du pont pour qu’aucune embarcation de plaisance ou de journalistes ne s’approchent. Les services de sécurité personnels du prédicateur aidés par la police nationale, inspectent régulièrement les estrades et tribunes et contrôlent au hasard les sacs. D’autres sur les hauteurs des constructions surveillent à l’aide de puissantes jumelles.
Midi, les emplacements réservés au public se transforment en pique-nique géant.
13 heures de lourds nuages cachent par intervalles irréguliers le soleil ce qui transmet pendant quelques instants au sol une fraîcheur bienvenue. Au bout du pont, des employées de l’organisation du prédicateur s’affairent. Des cars escortés arrivent et déchargent des figurants qui s’engouffrent sous de grandes tentes aux couleurs d’Horace de Fantenay. Un groupe de policier arpente le pont en ligne et inspecte minutieusement tous les recoins.

14 heures, le public s’anime et on sent une certaine nervosité, l’attente use les nerfs.
Sourire à laissé tombé ces mots fléchés et soupire d’ennui. Mirabelle est en grande discussion avec les anciens. Baccardi regarde le ciel qui se couvre de plus en plus. Ellie est toujours plongé dans son roman. Aline fait et défait des nœuds sur un morceau de corde. Jack palabre avec les ados sous l’œil sévère des surveillantes. Lady Dark se ventile avec son chapeau. Gary bougonne, il ne supporte plus les enfants fatigués d’attendre qui tournent et crient à côté de lui. Mike continue de crayonner les pages de son cahier, quelques regards passent par-dessus son épaule pour admirer les dessins.

14h30, le ciel est maintenant très sombre ; au bout du pont les figurants sont costumés. Une chaise à porteur dont l’habitacle est complètement vitré arrive sur le plateau d’un camion puis est déchargée entre les figurants. Une limousine bleu marine stationne, des gardes du corps en descendent et discutent avec des responsables.

14h50, Les nuages sont de plus en plus noirs et on perçoit quelques lointains roulements de tonnerre. Le mage Arnak se réjouie car si un orage éclate pendant la procession ça donnera encore plus de relief à ce qu’il va créer.

15h10 Les figurants se sont mis en place au milieu d’une ceinture d’enfants en aube aux cheveux clairs, Vingt hommes de robuste stature se sont disposés autour de la chaise à porteur et par les voix de la foule présente sur les estrades et tribunes, un cantique prend du volume. La tribune officielle se remplie d’hommes et de femmes en grandes tenues. Des serveuses s’activent immédiatement à leur offrir des boissons. Toutes les caméras sont braquées sur ce podium.
15h15, la limousine du prédicateur arrive et stationne près de la chaise à porteur ; la foule en liesse hurle à sa gloire, les tours du pont renvoient les échos de l’hystérie, le mage Arnak introduit dans ces oreilles les sourdines et commence à se concentrer.





 Episode 74


  Le diable n’avait pas dit son dernier mot.


15H28, quelques grosses goûtes commencent à tomber, le mage Arnak entre en communication avec ses complices ; ces derniers ressentent un léger chatouillement au niveau de la nuque.
La chorale de la procession entame des chants partisans repris en chœur par la foule protégée sous des parapluies de toutes les couleurs qui recouvrent les estrades et tribunes d’une mosaïque bigarrée.

15h30, la procession se met en marche et avance lentement sur le pont. Les chœurs sont puissant, le spectacle impressionnant. En tête, une cinquantaine de figurants en costume jaunes, rouges et bleus portant tous des oriflammes aux mêmes peintures entraînent la marche. Le prédicateur assit dans son habitacle vitré et plus que certainement blindé, fait de grands signes à ses admirateurs. Vingt porteurs habillés d’or et de bronze assurent sa stabilité et sa progression vers le milieu du pont où le cortège s’arrêtera pour que le prédicateur bénisse cette construction dont la légende est si évocatrice.
Le vent se renforce, les étendards et les oriflammes claquent. Le tonnerre se fait entendre et quelques éclairs embrassent l’horizon.

15h38, le cortège arrive au centre du pont, les porteurs pose la cabine, les gardes du corps l’ouvrent et protègent la sortie d’Horace de Fantenay avec des boucliers transparents. Il descend avec en main une fiole en nacre contenant de l’eau bénite. La foule acclame. Les membres de l’équipe commence à plus sérieusement ressentir les picotements ; le ciel s’assombrit davantage et prend d’inhabituelles couleurs. Le prédicateur débouche sa fiole et la lève au dessus de sa tête pour bien la présenter aux fidèles. Lentement, en un geste théâtral, il baisse son bras et retourne la fiole pour laisser couler quelques goûtes sur la pierre du pont.
Dans la foule des doigts se pointent vers la sculpture du diable, certains l’ont vu bouger essayant d’arracher une pierre de la construction, sculpture qui avait été mis en place pour immortaliser la légende par l’architecte qui avait restauré l’ouvrage.
Sur le pont, rien ne parait mais quelques gardes du corps commencent à se poser des questions en regardant sur les estrades et tribunes les spectateurs s’animer anormalement. Un coup de tonnerre éclate juste au dessus en zébrant le ciel complètement distordu d’étranges nuages. Horace de Fantenay lève la tête puis interroge son entourage quand soudain des ouvertures des tours s’envolent des chauverats qui piquent sur le cortège. Le prédicateur lâche sa fiole qui en éclatant au sol répand du sang bouillonnant. Sur la chaussée du pont s’est l’affolement, les figurants lâchent leurs étendards et s’éparpillent en hurlant. Les gardes du corps pressent le prédicateur de remonter dans l’habitacle de la chaise à porteur mais les hommes qui étaient en charge de la soutenir à force d’épaule se sauvent. Ses lieutenants et proches conseillers s’enfuit également effrayés par les Chauverats qui frôlent les têtes en émettant un sifflement aigu qui cinglent les tympans. Les luxueux cars qui les ont amenés se remplissent dans la bousculade et démarrent en direction de nulle part ; l’important est avant tout de s’éloigner du pont.
Le tonnerre gronde à nouveau mais la pluie ne tombe plus, dans le ciel les nuages s’illuminent et s’entortillent en prenant d’étranges teintes. Le pont devient violet et le diable de pierre étincelle en grimpant vers le sommet de la tour, sur les tribunes et estrades c’est la panique.
Accompagnant un éclair, un gigantesque dragon aillé s’envole de la colline et plane au dessus du pont Valentré. Son ombre est glacial et son regard de braise. Un animal fantasmagorique, immense, qui déploie ses grandes ailles de reptile volant d’un autre temps en ouvrant sa gueule pourvue de dents menaçantes. Un long cou à deux pattes qui prolonge un corps séparé en deux comme s’il avait été un jour tranché et cicatrisé. Au bout des ailles et des deux queues, d’autres têtes dont le physique est hybride entre l’oiseau et le serpent sortent une langue fourchue. Le long de ses queues sont des dents osseuses recourbées qui sifflent dans l’air à chaque mouvement brusque. Le gigantesque animal s’immobilise à quatre ou cinq mètres au dessus des toits pointus des tours ; il tord son cou et fixe de ses yeux jaunes aux pupilles de sang le prédicateur entouré de ses gardes du corps tremblants. Puissante et énorme, la voix rauque du dragon averti.

-        TOI AUSSI JE T’EMMENERAIS ! TON ÂME EST SOUILLEE HORACE DE FANTENAY ! TON ÂME M’APPARTEINT ! MAINTENANT OU QUE TU AILLES, JE TE TROUVERAIS ET JE TEMPORTERAIS AVEC MOI !




Le prédicateur s’accroupit entre ses gardes en se cachant le visage de ses mains. Les pates avant du dragon tournent au dessus du petit groupe ratatiné sur lui même en menaçant de ses serres effilées. Des Chauverats virevoltent au dessus des tribunes, les éclairs lacèrent le ciel tourmenté.

Les gens courent dans tous les sens en hurlant de terreur, certains se jettent dans le fleuve et les plus courageux des secouristes s’activent à les sortir de l’eau. Mirabelle se tiens la nuque en grimaçant, Gary s’assoit en  serrant les dents, Baccardi se retient au garde fou crispé de douleur. Mike est allongé au sol en se tenant la tête à deux mains. Ellie est recroquevillé sur elle-même en gémissant. Sourire vacille prête à perdre connaissance, Aline s’est allongé sur un banc et tente  de surmonter l’inflammation de sa nuque, Lady Dark est à genou les mains tambourinant  le bois de l’estrade, les larmes lui coulent des yeux et Jack secoue brutalement une barrière les yeux plissés en tentant d’étouffer ses plaintes.
Le dragon ouvre large ses ailles, s’envole et disparait derrière les collines. Le ciel reprend doucement ses couleurs naturelles mais l’orage gronde toujours. Le pont retrouve sa vraie teinte et les derniers Chauverats disparaissent dans les nuages.
Sur le pont, Horace de Fontenay soutenu par un ultime trio de gardes du corps s’active à rejoindre le plus vite possible sa limousine et fuir rapidement ce lieu. Un éclair fend le ciel en deux et la grêle dégringole sur la ville. L’intense pluie de glace cesse au bout de trois minutes et c’est presque le silence. Les nuages se déchirent et un rayon de soleil enflamme le pont Valentré.
Les secours arrivent, les gyrophares miroitent sur la chaussée trempée en aveuglant. Les blessés sont rapidement pris en charge et emporté vers les hôpitaux de la région. Des canots sillonnent le fleuve et récupèrent celles et ceux qui avaient sauté à l’eau. Des gens sortent des maisons pour aider à porter secours malgré la crainte de voir revenir le dragon. Les nuages se dispersent et laisse la lumière baigner la ville détrempée. Certains sortent des habitations avec des fusils de chasse et la police peine à leur substituer.

Baccardi se masse le cou, les atroces piqures ont disparues ; il descend de la tribune en cherchant des yeux Lady Dark. Elle est là le pas un peu hésitant. Un secouriste vient à elle, lui parle quelques secondes puis s’en va plus loin. Mirabelle traverse le pont entre les équipes d’assistance qui arrivent et quelques figurants et gens complètement abasourdis qui ne savent plus où aller. Sourire est appuyé sur un muret de pierres, deux pompiers s’occupent d’elle un moment puis l’accompagne hors de la zone du pont qui vient d’être balisée. Aline discute avec des policiers, Mike la démarche un peu hasardeuse les rejoint. Ellie est emmené par une femme du SAMU hors de la zone, elle retrouve Sourire Baccardi et Lady Dark. Quelques minutes plus tard Jack arrive avec quelques préados qui ont perdu leurs accompagnatrices. Gary, tenant par la main deux des enfants qui était avec leur famille sur la même estrade, les confie aux secouristes en leur expliquant la situation. Aline et Mike récupère le groupe en se faufilant à travers la foule. Partout c’est la consternation, les habitants offrent spontanément des boissons chaudes à qui en veut. Les journalistes et les caméras sont en nombre dans cette foule contusionnée et psychologiquement meurtrie. Ils posent des questions à la volée et prennent quelques images pour le direct. La police débordée note au hasard des témoignages et relève des identités.
L’équipe se retrouve presque au complet, il manque le mage Arnak, mais comment le discerner parmi tous ses gens qui vont viennent, pleurent, cherchent ou se posent dans un coin le regard perdu et encore effaré par ce qui vient de se passer. Les vraies questions viendront plus tard et les fausses réponses auront un goût de sombre mystère.
Quelques minutes plus tard, Gary l’aperçoit à côté d’un véhicule de pompier. Il est assit sur une civière le visage penché en avant et entouré par des secouristes. Mirabelle et Gary s’approchent. Le mage est visiblement très épuisé. Une femme lui prend sa tension, un médecin lui donne un verre rempli d’une solution puis écoute son cœur. Mirabelle et Gary n’entendent pas ce qui se dit car tout autour c’est le bruit des sirènes, des cris, des interviews, des appels et des pleurs.
Une dizaine de minutes plus tard le mage se remet debout, Mirabelle lui fait un signe qu’il remarque. Il fait deux pas chancelant, l’infirmière lui cause et il répond d’un signe de tête négatif, elle le rassoit sur la civière et lui donne un verre d’eau et deux cachets. Mirabelle et Gary reste au même endroit sans s’approcher plus, parfois ils sont bousculés ou des micros se tendent devant leurs bouches, ils répondent rapidement aux questions posés sans quitter des yeux leur ami le mage.
C’est un bon moment plus tard qu’il se remet sur ses deux jambes, visiblement il semble avoir retrouvé un peu d’énergie. L’infirmière discute encore un petit peu avec lui puis donne une petite boîte de pilules et le laisse partir.
Arnak rejoint Mirabelle et Gary.

-        Vous savez où sont les autres ? Demande-t-il immédiatement les yeux cernés de fatigue.

-        Oui, ils nous attendent là-bas. Montre Gary du doigt un angle de maison.

-        Parfait, ne restons pas dans cette cohue, rentrons au camping ! Dit-il d’une voix faible et enrouée.



Episode 75


 Fugitif.


Arrivé au camp le mage se laisse choir sur une chaise.

-        Bordel, qu’est-ce que j’ai eut mal au cou ! Se plaint Mike en s’installant en bout de table.

-        Moi aussi. Dit Baccardi.

-        Atroce, Horrible ! Une rage de dent c’est de la gnognote à côté. Ajoute Ellie.

Tous ont subit le supplice et en font part au mage.

-        Je sais mes amis, j’ai forcé la dose, mais il le fallait. Répond-il d’une petite voix.

-        Ouais, en tout cas, bravo, top niveau, c’était de la balle ton monstre. Whooo le truc de ouf… Enorme ! et la voix, hoouuu, ça le faisait grave. Félicite Ellie.

-        Oui il m’a pompé beaucoup d’énergie ce dragon et aussi pour le ciel, les couleurs, les Chauverats et brouiller les caméras. Beaucoup d’ondes et beaucoup d’illusions ce soir, je suis complètement vidé. J’ai donné la plus grande représentation de ma vie. Tout seul, cela aurait été impossible, merci à vous tous. Félicite le mage en fermant les yeux.

-        En plus avec les éclairs, la grêle et le tonnerre… C’était vraiment terrible, je n’avais jamais vu ça et franchement, j’ai eut très peur. Heureusement que tu nous avais prévenu. J’imagine pour tous ces gens… Dit Sourire en servant du thé et de l’orangeade pour l’équipe.

-        Pour les éclairs, le tonnerre et la grêle, je n’y suis absolument pour rien, mais ce caprice météorologique ne pouvait pas mieux tomber. Répond le mage.

-        Je crois que pour Horace de Fantenay c’est la débâcle, tu as fait très fort. Grandiose ! ça valait le coup de souffrir un peu. Se réjouie Gary.

-        Oui mais cet imposteur est en fuite et il va falloir faire vite maintenant pour le rattraper avant qu’il se mette à l’abri hors des frontières où qu’il soit arrêté par la police. Bougonne Arnak.

-        Après un coup comme ce soir, c’est sûr que la police va le rechercher pour l’interroger et sa fuite le rend d’autant plus soupçonnable… De quoi je ne sais pas trop mais maintenant, après Foix et Pamiers, il leur faut trouver d’urgence un responsable à tous ces évènements car l’opinion publique risque de réclamer des réponses et surtout un coupable. Il ne faut pas oublier que Childeric Halebard leur a échappé et ils ne vont certainement pas laisser la même chance à De Fantenay. Il ne pourra pas sortir du territoire, tous les aéroports, les ports, les gares et les routes vont être surveillées dans les heures qui viennent si ce n’est pas déjà fait. Evoque Jack.

-        C’est grand ton territoire et il y en a beaucoup de bonnes cachettes possibles pour un fugitif comme lui. Je suis bien certain qu’il bénéficie encore de complicités. Soupire le Mage. C’est pour toutes ces raisons qu’il nous faut agir rapidement. Adjoint-il.

-        On verra tout ça demain au grand jour, notre ami Arnak est complètement lessivé. Dans l’immédiat on va tous prendre une douche, se changer, préparer le dîner et se coucher tôt. Coupe Mirabelle.

-        Non, on démonte et on rentre au château ! Impose le Mage.

-        Maintenant ? Tu es fou, il est 18h45 et il y a de la route pour revenir au château. S’insurge-t-elle.

-        Ne perdons pas de temps ! Il faut partir sans traîner de cette ville, comme eux. Montre le mage quelques voisins qui chargent en urgence leurs automobiles pour s’éloigner au plus vite de Cahors qu’ils pensent naïvement être entre les griffes du malin.

-        Mais pourquoi, nous n’avons pas peur, nous savons que ce n’était que des mirages. Et pour le prédicateur, pour le présent nous ne pouvons pas faire grand-chose. S’étonne Aline.

-        Parce que pour le moment c’est le bazar dans la ville, mais dans une heure ou deux les autorités vont vite reprendre la main et commencer à enquêter ; ils vont questionner tous le monde et fouiner partout. Ne prenons pas ce risque, moins on nous voit, mieux ce sera pour la suite. Argumente le mage Arnak.

Mirabelle et les autres ne peuvent qu’approuver la logique du mage. Ils boivent rapidement le thé et les orangeades, démontent les tentes, rangent les affaires et chargent les voitures. Quarante cinq minutes plus tard, ils payent le gardien du terrain municipal et filent en direction du château. Le mage Arnak ne verra rien de la route, bien assit à l’arrière du monospace il s’endort immédiatement.
La radio informe des derniers évènements, le gouvernement qui soutenait officieusement Horace de Fantenay est en ébullition. Des voix de l’opposition se font entendre et réclament la dissolution de l’assemblée. Les églises officielles ne font pour le moment aucun commentaire. Sur le parvis de Notre Dame de Paris, des adorateurs du diable ce sont réunis, la police les a évacués par la force. Des reporters du monde entier et des spécialistes des phénomènes paranormaux convergent vers Cahors. Des déclarations pris sur les lieux après les événements sont diffusés et un correspondant assure le direct. Il est dénombré trois morts, un disparu et 45 blessés. Les puissances du mal ou le diable reviennent dans tous les témoignages. Il est répété ce qu’à dit le dragon au prédicateur et certains commentateur reprennent prudemment ce que quelques théologiens ont avancé sur la possibilité que les actes malveillants, délétères et criminels des êtres humains accumulés durant toute leur histoire pourraient délivrer les forces obscures de notre univers et que les prédicateurs, l’un comme l’autre, en seraient les vecteurs. D’autres accusent d’un plan bien plus humain qui ne doit rien au diable ni à d’autres expressions mystérieuses, mais qui vise à effrayer la population pour mieux la soumettre à une nouvelle politique de restriction des libertés.
A minuit l’équipe arrive au château à la grande surprise de Melle Véra et Dorine.
Le mage Arnak à retrouvé de la forme et sort du monospace en s’étirant.

-        A la télé, ça passe en boucle ! Leur annonce joyeusement Dorine.

-        Houla, d’après ce qui est dit vous avez donné un grand spectacle. Rigole Melle Véra en aidant à décharger.

-        Ils parlent d’un gigantesque dragon ! Adjoint Dorine.

-        Ouais, c’était vraiment top, mais dommage, le prédicateur s’est barré un peu rapidos ! Regrette Ellie.

-        Il ne peut aller bien loin, on va lui mettre la main au collet, ne t’inquiète pas. Dit Jack avec optimisme.

-        L’autre Mariole est au parfum ? Demande Gary.

-        Tu veux parler de Childéric ? Répond Melle Véra.

-        Oui !

-        Non et je pense qu’a cette heure là il dort et de toute façon il n’a plus de journaux depuis votre départ. Informe-t-elle.

-        On va le réveiller et le mettre un peu devant la télé. Ricane Gary.

-        Bonne idée ! Approuve le Mage.

Une trentaine de minutes plus tard, Childéric Halebard est réveillé et extrait de sa cellule. Un peu éberlué, il s’étonne car cela fait trois jours qu’il y est condamné sans en sortir. Son menton est couvert d’une barbe piquante et son regard reflète une profonde lassitude.

-        Fait un beau sourire Halebard, on t’emmène dans le grands salon pour regarder la télévision. Lui dit Mirabelle.

-        A cette heure mais ?.. Ne comprend pas le prédicateur.

-        Tu vas beaucoup aimer. Lui dit Baccardi en le tractant dans l’escalier.

Le prédicateur se laisse mener docilement sans trop saisir ce qu’on lui veut au milieu de la nuit. Une fois confortablement installé il fixe ses yeux sur l’écran et prend connaissance de ce qui c’est passé durant la procession de son rival. Son visage marque d’abord de l’effarement, puis de la curiosité et d’une écoute plus attentive, il affiche enfin un grand sourire.

-        C’est encore vous ? se tourne-t-il vers le Mage.

-        Toute l’équipe et moi ! Rectifie ce dernier.

-        Vous avez vraiment un exceptionnel talent… Je pourrais presque croire que certaines puissances occultes vous secondent. Magie noire je suppose ?

-        Tu n’y es pas du tout mais cela n’a aucune importance. Rigole Arnak.

-        Alors bonhomme, qu’en dis-tu ? Lui demande Baccardi.

-        Je ne vais pas vous dire que ça me fait de la peine, ce serait de l’hypocrisie. Tout ce que j’en déduis c’est que vous ne travaillez pas non plus pour De Fantenay.

-        Whoooo, tu sais que t’es vachement perspicace toi ! Se moque Ellie.

-        Récréation terminée, retour à ta cellule et on avisera demain si on recommence les ballades dans le parc ou non. Intervient Melle Véra en coupant la télévision.

-        C’est bon, j’ai compris madame… Avec vous ce n’est pas la peine de jouer au plus malin, la partie est perdue d’avance. Je n’aie plus l’intention de faire l’idiot. dit-il en montrant ses deux doigts soutenus par une attelle.

-        Heureuse de te l’entendre dire, au trou maintenant et bonne nuit.



 Episode 76.


 Où se cache-t-il ?


17 Septembre, Au petit déjeuner tout le monde a les yeux collés sur l’écran de la télévision. Comme l’avait prévu Jack, le prédicateur est activement recherché mais il pour le moment introuvable. Deux de ses fidèles lieutenants ont été arrêté alors qu’ils tentaient de fuir le pays à bord d’un avion privé. A cahors les questions demeurent sans réponse et tous s’accordent à dire qu’aucune technique connue ne permet de créer de telles illusions en plein air, de plus, quand bien même cela aurait été possible, il faudrait disposer d’un matériel très lourd qui ne pouvait en aucun cas passer inaperçu. Les divers trucages et projection d’images sont écartés mais personne ne peut définir vraiment l’origine de cette manifestation. La crainte d’une réalité est sous entendu dans les articles et les reportages.  Les spécialistes des phénomènes paranormaux sont sur place et examinent minutieusement le pont Valentré.
Aucune image ne vient étayer la présence du dragon et des autres phénomènes, comme à Foix, le matériel était en défaut. Pourtant des photos ont été prises par quelques rares riverains de leur fenêtre mais celle-ci ne montre que la panique et l’orage. Les enquêteurs n’y comprennent rien.
Dans le monde, l’atmosphère se détend, les Russes et les Chinois se sont séparés en bonne entente et leurs troupes ont quitté les frontières. En mer rouge les armes font silence et le trafic va reprendre sur le canal de suez. En Amérique du sud, les belligérants réclament un cessez-le-feu. En Centrafrique, la cathédrale que devait ériger le gouvernement à la gloire d’Horace de Fantenay est décommandé.

-        Je crois que nous avons réussi notre mission. De réjouit Aline en piquant au passage une tartine à Gary.

-        Attendons encore, ce ne sont que des trêves et rien ne dit qu’elles vont durer. Contredit Jack.

-        Il faut également mettre la main sur De Fantenay et le faire sortir avec l’autre définitivement de ce monde car la paix dans le notre en dépend. Ajoute le Mage.

-        Seul Childéric nous connait et pour l’autre, il va surement finir en prison, alors… Ne comprends pas Dorine.

-        Arnak à raison, si nous lâchons Horace de Fantenay, il est possible qu’il remonte la pente. Cet homme sait beaucoup de choses et entre autre l’identité de tous ses soutiens et il en est certains qui préféreraient que ce ne soit pas divulgué. Ses lieutenants ou Ses conseillers vont payer l’addition mais lui s’en tirera à bon compte et pourra peut-être même recommencer ces prêches. Le plus gros risque pour lui, c’est un assassinat commandité par ses ex associés pour ne pas qu’il parle mais en général, des gens comme le prédicateur  prennent leur précautions et disposent d’hommes de confiance qui, en cas de problème, balanceraient de confidentielles et gênantes informations aux médias. Explique Melle Véra.

-        Donc il faut absolument lui mettre la main dessus. En conclus Baccardi.

-        Avant les poulets. Ajoute Ellie.

-        Poulet ? Ne comprennent pas les natifs de Fantasmaginaire.

-        C’est un petit nom familier qu’on donne aux flics. Développe Sourire.

-        Mais où se cache-t-il ? Pose la question Mike en chipant une tartine à Aline sous le regard complice de Gary.

-        C’est une bonne question mais aucun de nous n’a de réponse ; hélas. Soupire Mirabelle.

-        Et comment le savoir ? Adjoint le mage Arnak.

-        Franchement, je ne vois pas. Se désole Aline en tirant les cheveux de Mike pour lui faire rendre la tartine.

-        Il faut continuer à nous tenir informé et peut-être qu’un petit détail nous mettra la puce à l’oreille. Espère Melle Véra.

-        C’est pour le moment ce que nous avons de mieux à faire. En conclus le mage Arnak.

Baccardi regarde la pendule.

-        Et pour Childéric, on décide quoi ? Interroge-t-il l’assemblée.

-        A quel sujet ? En demande précision Melle Véra.

-        On lève la suppression de promenade, parce que le bonhomme n’est pas très frais je trouve.

-        Je crois qu’il à compris la leçon et nous allons le sortir mais avant on va lui permettre de prendre une bonne douche et de se raser. Répond Melle Véra.

10h40, Childéric tout propre et rasé est conduit dans le parc pour une bonne promenade. L’homme respire de grandes bouffées d’air comme si elles étaient pour lui de précieux cadeaux et qu’il voulait en faire des réserves.
Sourire, Dorine, Mike et Gary sont en ville pour le ravitaillement. Arnak et Baccardi écoute attentivement les informations et Jack en recherche d’autres sur internet.
Lady Dark décide de préparer un cassoulet pour demain soir et le nez dans un bouquin de recettes elle s’affaire en cuisine.

18 septembre, Horace de Fantenay reste introuvable et les évènements de Foix, Pamiers et Cahors demeurent des énigmes. Cinq gardes du corps du prédicateur ont été arrêtés et conduit au quai d’Orsay pour interrogatoire.
Le président de la république, sous la pression populaire et d’une partie de l’opposition, ordonne la dissolution des brigades blanches. Les nations du Moyen Orient se réunissent afin de trouver des propositions pour résoudre les graves problèmes qui les opposent aux pays de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du nord. L’Afrique du sud est en pourparler avec trois nations d’Amérique Latine afin de rétablir leurs relations diplomatiques. Les églises officielles exhortent leurs fidèles, se gardant bien de citer des noms, à ne plus suivre les discours fanatiques de certains prédicateurs et prêcheurs malveillants.
Childéric Halebard lit la presse quotidienne avec gourmandise certainement heureux que sont rival y soit laminé. Pendant la promenade il en parle sans cacher sa joie.
Dans l’après midi, Mirabelle à rejoint Mike et l’entraine un peu à l’écart derrière le château.

-        J’ai une demande à te formuler mais tu n’es pas obligé de l’accepter, je comprendrais. Lui dit-elle.

-        Dis toujours et on verra.

-        Je voudrais maintenant m’essayer au fouet sur autre chose que des feuilles de papier. Gary m’a dit que j’étais prête et donc j’ai pensé à toi.

-        Houlà ! Le fouet c’est dur ça ! Répond Mike.

-        As-tu déjà goûté ?

-        Non mais c’est un instrument que je n’aime pas du tout.

-        Gary m’a bien appris la façon de fouetter sans causer de douleur insupportable et de ne surtout pas écorcher la peau. Si jamais cela se produisait avec toi, il n’hésiterait pas à me rappeler la bonne méthode sur moi. Tente de convaincre Mirabelle.

-        Ce n’est pas un manque de confiance envers toi mais le fouet… Tu comprends hein ?

-        Oui Mike et je ne t’en tiens pas rigueur.

-        Tu as essayé toi ? Questionne-t-il.

-        Oui, il y a un peu plus d’une semaine dans le parc, Gary m’a fait une démonstration sur moi pour que je comprenne bien ce qu’on doit ressentir pour en tirer du plaisir.

-        Et alors c’était comment ? Réclame Mike.

-        J’ai aimé, mais je ne veux en aucun cas t’influencer.

-        Ecoute, je ne sais pas quoi te dire…. J’aimerais bien te faire plaisir mais le fouet…. Franchement je n’y tiens pas.

-        Ce n’est pas grave Mike. Oublions ça et restons-en aux bonnes fessées.

-        Ça c’est quand tu veux ! Se réjouit-il.

-        Je prends note. Rigole Mirabelle en retournant vers le château.

Ce soir c’est dégustation de cassoulet, Melle Véra, Ellie, Sourire et Jack s’accordent à dire qu’il est très réussi. Les autres apprécient la spécialité terrienne avec délice.

Les informations du soir n’apprennent rien de plus qu’ils ne savaient déjà.

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