LECTURE DE LA SAGA

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mercredi 2 avril 2014

F2 épisodes 66, 67, 68 et 69 (fin)





Episode 66

Le Balablen.

Cet après midi, Dorine et moi nous nous sommes rendus à l’ambassade. Sur le chemin tous le monde nous saluait et il est vrai qu’on ne pouvait pas passer inaperçu et encore moins avec notre tout nouvel uniforme de capitaine en second. De jeunes Vagalâmeurs nous touchaient du doigt pour savoir si nous étions de vraies personnes en chair et en os. Quelques uns nous sollicitaient d’une signature au revers de leurs tuniques et même des jeunes femmes sur leurs petites culottes. D’autres nous jalousaient et un écervelé à provoqué Dorine au sabre. Ce téméraire s’est aussitôt fait embarqué par des gardes de l’amirauté. Cette notoriété n’avait pas que des avantages.
Arrivé à l’ambassade du port, Glassalo sauta de joie lorsqu’il nous a vus entrer dans le salon où il était.

-        Dorine, Mike ! Criait-il en rigolant. Ho comme vous êtes beaux ! C’est un habit de quoi ?

-        De capitaine en second. Que je lui répondais avec un petit brin de fierté.

-        Capitaine en second ? Houuuuuu ! Capitaine en second ! Holalalala ! C’est un beau cadeau !

-        Oui très beau…. Et toi Glassalo comment vas-tu ? Lui demanda Dorine.

-        Je vais bien, ils sont tous gentil avec moi sauf lui, je ne l’aime pas. Répondit-il en nous montrant un vieux Creuztatomb avec une jambe dans le plâtre.

Ce dernier haussa les épaules et quitta le salon en clopinant.

-        Tu sais Glassalo, il ne faut pas nous en vouloir de te placer à l’ambassade, c’est la règle, on ne pouvait pas te garder et ici, ce n’est pas comme ailleurs, les non Vagalâmeurs où végétateurs ne peuvent entrer en ville.

-        Ho je sais, ce n’est pas de votre faute…. Je sais que je vais rester ici et qu’un jour un capitaine Kidnapingre me prendra ou que Baccardi viendra me chercher. Moi j’aurais bien aimé être un Vagalâmeur comme vous. Je vous jure que quand je rentrerais dans mon pays, je quitterais la marine, je ne veux plus tuer ou faire prisonniers et vendre de Vagalâmeurs. Non je ne veux plus.

-        Mais que vas-tu faire si tu n’es plus sur un bateau ?

-        J’ai envie de faire des jolies choses avec le bois. Des belles femmes comme vous Madame Dorine. Et c’est vous que je ferai en premier comme ça quand je toucherais, ça me rappellera. Nous disait-il en rougissant.

-        Tiens Glassalo, comme on sait que tu aimes les bonbons, nous t’en avons acheté. Lui annonça Dorine en lui offrant un paquet.

-        Ho c’est gentil ! Ho c’est gentil ! Personne n’a jamais donné autant de bombons à Glassalo…. Si, un peu le capitaine Baccardi mais jamais un paquet entier. Oui c’est gentil…. Je ne pourrais plus tuer de Vagalâmeurs, je le jure !

Nous sommes restés en sa compagnie une petite heure et nous l’avons laissé en lui promettant de revenir dès que nos obligations nous le permettraient.
Ce soir c’était encore une réception en notre honneur sur le Hoturié.
Deux jours plus tard, Anizett et Amuramont s’embarquaient sur le Mangepatou. Un bon navire bien armé avec à son commandement un capitaine et des officiers d’expériences.
Une semaine après, Aline et Gary venaient nous dire aussi au-revoir. Ils partaient sur le Tépacap un navire de la génération du Bouchtrou.
Clakett, Dorine et moi nous trainions de bureau en bureau d’études, de réceptions en réception et le plus souvent possible on rendait visite à Glassalo avec un paquet de bombons.
La vie de célébrité commençait à nous peser. Notre aventure sur l’île avait été publiée sur toutes les gazettes des ports Vagalâmeurs. Nul doute que ça ferait très vite le tour de notre monde et cela n’allait certainement pas redorer le prestige de Baccardi. Sa position connue, tous ces ennemis allaient se précipiter vers l’île de l’ouest pour l’étriper.

Le balablen avait été mis à l’eau, c’était un magnifique navire. Impressionnant de puissance et il nous tardait de larguer les amarres et de partir. A bord, les ingénieurs du chantier naval nous expliquaient le fonctionnement des machineries et de certains autres appareils dernier cris tel que les canons à rotule qui avait l’avantage de ne pas avoir de sabord et donc de rendre plus solide la coque. Nous avions déjà enrôlé quelques nouveaux Vagalâmeurs pour les former et tous les jours des officiers d’autres navires demandaient leur mutation pour le Balablen Ils étaient attiré par le navire mais aussi d’être sous les ordres de héros.

Les premiers essais en mer nous remontaient le moral et confirmaient que nous avions dans les mains un très bel et redoutable outil. Avoir une possibilité d’inverser la rotation de la roue à aube pour faire marche arrière allait nous donner un très gros avantage en combat naval.



Parfois, quand nous n’étions pas accaparés par un gala ou une réception, Dorine et moi on s’amusait. J’adorais être à sa merci et quand ficelé je subissais ses assauts j’en prenais un grand plaisir. Plaisir réciproque d’ailleurs… Elle m’apprenait plein de petites choses et avec grand délice je savais maintenant que les lèvres et la langue d’une femme servait autant que celle des hommes.
De temps en temps, Clakett s’occupait également de nos fesses et Dorine appréciait sa main.

48 jours que nous étions coincés à Galoban. Le balablen était prêt et les nouveaux Vagalâmeurs se pressaient à la coupée pour y avoir les dernières places.
Cela faisait trois jours que Clakett, Dorine et moi avions quittés l’hôtel et pris nos quartiers à bord. Nos cabines étaient confortables et je m’y trouvais beaucoup mieux que dans le grand et luxueux appartement de l’amirauté.
Les jours passaient et maintenant, l’équipage était presque complet. Il manquait Gary, Aline, Anizett et Amuramon. Dorine et moi avions un peu de difficulté à assumer notre statut de capitaine en second et Clakett nous rappelait avec de bonnes claques sur les fesses les responsabilités et les devoirs de notre grade. Il est bien évident que cela se faisait en privé.
Dans six jours nous appareillerons pour cette fois une vraie campagne. Nous attendions avec impatience ce moment et nous guettions le retour du Mangepatou et du Tépacap en espérant qu’ils n’avaient pas fait mauvaise fortune.
Deux jours plus tard le Tépacap accostait. Nous nous précipitions. Le capitaine nous fit monter à son bord, nous invita dans sa cabine pour nous annoncer que l’enseigne de vaisseau Gary et le lieutenant Aline avaient trouvés leur Inquêtrice et Inquêteur. Nous étions un peu déçus, mais c’était une bonne nouvelle.
Le lendemain le Mangepatou accostait avec quelques dégâts apparents. Son capitaine en second nous annonça également Qu’Anizett et Amuramon avaient  rejoint Fantasmagiaire.
Et bien voilà, des naufragés du Bouchtrou nous n’étions plus que trois.



Episode 67

Larguer les amarres.

Les ultimes jours de préparatifs pour le grand départ et enfin le jour J.
Tous les officiels étaient là. Tous croyaient dur comme fer que le Balablen avec sa toute nouvelle technologie, serait la terreur de nos ennemis. Clakett, Dorine et moi, de la passerelle nous écoutions d’une oreille distraite les discours alambiqués qui se succédaient. Notre esprit était déjà sur la mer.
Là-haut, au troisième étage de l’ambassade Glassalo nous regardait d’un balcon, ce matin nous lui avions fait nos adieux en lui laissant une colossale réserve de bombons. Mais ce cadeaux ne pouvait lui ôter l’immense chagrin de notre séparation et même si d’ici on ne pouvait le discerner, nous étions certain que ses pieds baignaient dans la marre de ses larmes.
Les invités et les officiels ont quitté le Balablen. Nous avons largué les amarres et décroché du quai. Rien ne pouvait nous faire plus plaisir. Quel dommage que Mirabelle, Aline, Gary, Anizett, Amuramon et même Lady Dark ne soit pas à nos côtés pour apprécier ce moment et surtout ce magnifique navire. Bah, ils avaient tous réussi leur quête et c’était cela le plus important. Bien sûr Lady Dark en était l’exception mais qu’y faire, pour le moment elle avait décidé de mettre sa quête en suspension et de vivre autre chose.
Sur son balcon, Glassalo remuait le bras, c’était probablement la dernière image qu’on aurait de lui.
Il n’y avait pas deux jours que nous étions en mer qu’un navire Creuztatomb à voulu se frotter au Balablen. Nous avons pu nous rendre compte à quel point ce nouveau mode de propulsion permettait des changements de cap rapide et les Creuztatomb ont certainement apprécié la puissance de feu du Balablen car si nous avons été légèrement touché par trois de leurs boulets on ne leur à pas laissé le temps de tirer une seconde fois. Leur navire en deux salves a explosé en mille morceaux. Les canons de notre bâtiment étaient trop efficaces car s’il y avait des Inquêteurs à bord de ce navire ennemi ils étaient perdus ainsi qu’un éventuel butin. Il nous fallait mieux gérer cette puissance de feu pour suffisamment endommager sans totalement détruire.
Nous avons convoqué tous les officiers artilleurs pour faire le point et mettre en place une stratégie un peu moins radicale. Les prochains combats nous serviront de test.
Avec Dorine, au coucher du soleil nous sommes allés sur le minuscule gaillard d’arrière au dessus du château. Cela nous rappelait de bons souvenirs de quand nous étions fraîchement embarqué sur le Bouchtrou. Pourtant il n’y avait que quelques mois mais ces instants nous paraissaient déjà lointains.
En tant que capitaine en second, nous restions assez proches des jeunes mousses Vagalâmeurs et nous ne refusions jamais de discuter amicalement avec eux. C’était une attitude que nous avait transmise Mirabelle.
Les jours passaient et nous avons enfin adopté une stratégie moins destructrice. Bien entendu les abordages faisaient morts et blessés… Mais relativement limités car grâce aux batteries pivotantes des ponts, nous réduisions de manière efficaces les équipages ennemis avant abordage.
Des morts, des blessés, une longue histoire écrite par le sang ! Notre planète plate était un équilibre étrange où les intérêts s’affrontaient de manière violente. Selon la légende c’est d’une même personne que notre monde était né. Un seul être qui avait, il y a très longtemps, séparé ses pulsions bonnes et mauvaises parce qu’ensembles elles s’affrontaient, elles s’opposaient, elles se contredisaient dans son esprit lui engendrant de terribles maux de tête. Alors il eut l’idée des les diviser en plusieurs territoires sur un monde qu’il avait construit. Il les avait séparés par un grand océan en espérant que plus jamais elles ne s’entrechoqueraient. C’était bien entendu une légende mais tant que l’origine de notre monde n’était pas rationnellement établie, elle continuait d’être racontée comme une hypothèse crédible.
Ce créateur supposé avait de vaine illusion et les utopies, les fantasmes, l’amour, l’amitié, la cupidité, l’avidité, le pouvoir, la cruauté et encore bien d’autres ont vite imaginé le moyen de parcourir l’océan, commercer par affinité et s’opposer.
Toujours selon la légende, l’un des camps finira par l’emporter sur les autres mais la question sera de savoir s’il pourra à lui seul survivre ?
 
Les derniers combats avaient causé quelques dégâts au Balablen. Nous avons mis le cap sur le port de Kédébrum en hissant le pavillon rouge à croix verte. A bord deux Inquêtrices et un Inquêteur avaient trouvé leur Vagalâmeur. Cette escale allait nous permettre de réparer convenablement et peut-être pouvoir remplacer nos disparus.

Sur le quai, les Kidnapingres, les Creuztatombs, Les entoqués et les Crévesueurs s’agglutinaient pour voir notre navire. On pouvait lire dans leurs yeux l’étonnement mais aussi la crainte de nous affronter. Cette frayeur ne durerait pas car nous savions tous que la technologie de propulsion et d’armement du Balablen ne resterait pas longtemps secrète et que dans quelques mois nos ennemis en construiraient d’identiques.

Le soir, à la taverne du port, nous avons appris que Baccardi avait attiré sur l’île, par un feu de détresse, un navire Entoqués. Il les avait piégés dans la jungle et avait fini par leur subtiliser leur navire et s’enfuir de l’île avec ce qui lui restait d’équipage.

-        C’est du Baccardi tout craché. En concluait Dorine devant une pinte de bière de poire.

-        Oui, du grand Baccardi ! que j’ajoutais songeur en pensant à Lady Dark.

Trois jours plus tard nous avons appareillé. Le balablen était comme neuf et le premier bateau Crèvesueur que nous avons croisé c’est enfuit sans combattre. Nous n’avons même pas cherché à le poursuivre, c’était un petit Navire qui ne devait pas avoir beaucoup de richesses à nous offrir.

Deux jours plus tard ce fut une rude bataille contre un bateau Kidnapingre de fort tonnage et même si la victoire nous enjouait et que le butin était conséquent, j’aurais préféré ne jamais croiser ce bâtiment. Un des deux inquêteurs repêchés venait de me prendre Dorine.
C’est au port de Saldimanche que je lui faisais mes adieux et croyez que cette fois j’en avais le cœur gros.


Me voilà donc maintenant seul avec Clakett. De la passerelle extérieure je regardais l’océan. Ils me manquaient tous, Mirabelle, Aline, Gary et bien sur Dorine. Je commençais sérieusement à déprimer tant que je n’avais même plus envie de la moindre petite fessée.

-        Ta mélancolie me peine Mike. Me disait Clakett en m’offrant un jus de fruit.

-        Elle passera dans quelques jours, le temps que je digère et que je me fasse une raison. Lui répondis-je une larme dans les yeux.

-        Pourtant tu savais qu’un jour cela arriverait.

-        Oui… Je suis très content pour elle, mais nous avions vécu tellement de choses ensemble que c’est vraiment dur. Oui très dur…

-        Un jour toi aussi tu débarqueras à Fantasmaginaire et vous vous retrouverez.

-        Un jour… Je commence à ne plus y croire. Devenais-je pessimiste.

-        Il ne faut pas dire ça Mike, il faut toujours garder l’espoir. Je suis depuis plus longtemps que toi en quête mais l’espoir ne m’a jamais quitter et je peux même dire que ces dernier temps il brûle intensément. Vous avez eut beaucoup de chance Dorine et toi quand tant d’autres Vagalâmeurs ont perdu la vie dans cette quête.

-        Tu as raison. Mais…

-        Ton tour viendra Mike, j’en suis absolument certaine !

-        J’aimerais avoir ton optimisme.

-        Viens donc manger un peu, ça va te changer les idées. Me tira-t-elle pour me conduire au carré des officiers.

Trois mois que Dorine avait quitté le Balablen pour fantasmaginaire. Nous allions de victoire en victoire. Certains abandonnaient même leur navire avant de combattre, le Balablen était vraiment la terreur de l’océan. Contrairement aux autres officiers et à l’équipage, cela ne me réjouissait pas… Cela ne me réjouissait plus ! J’étais las de voir les Inquêtrices et Inquêteurs donner leurs mains à d’autres. Mon souhait ne brillait-il pas assez ?
Hier encore, trois Vagalâmeurs. Une galère impériale est passée en chercher deux  et nous nous dirigeons vers le port de Fopadékoné pour débarquer le dernier couple.
Clakett faisait bien plus que m’épauler, elle était ce que j’avais de plus chère dans ce monde.
A notre arrivé, quelle ne fut pas notre surprise à Clakett et moi de découvrir un navire flambant neuf dont nous connaissions bien le profil. C’était la copie conforme du Troudanlo sauf la couleur et quelques modernités d’artillerie.
 L’identité de son capitaine ne pouvait faire de doute car sur sa coque était inscrit «  TROUDANLO 2 » Incroyable, ce diable de Baccardi s’était refait une santé !

C’est un peu plus tard en fin d’après-midi que Clakett et moi revenant de l’administration du port nous avons vu Baccardi sur le quai. Visiblement il nous attendait, il était seul et sans arme.

-        Bonjour capitaine Clakett, bonjour capitaine en second Mike ! Nous lança-t-il joyeusement.

Nous lui retournions sa politesse. Six gardes impériaux s’approchèrent. Baccardi les regarda en leur faisant signe qu’il n’avait nullement l’intention d’enfreindre la loi sur la zone neutre qu’étaient les ports.

-        Nous avons appris comment vous vous êtes sorti de l’île. Lui dit Clakett.

-        Pfff, Facile ! Les entoqués sont des barbares sans cervelle ! Répondit-il en s’accompagnant d’un rire.

-         Et Lady Dark ? lui demandais-je.

-        Aaaah cette chère Lady Dark ! Irremplaçable Lady dark ! Un Inquêteur l’attendait sur un riche navire Creuztatomb tombé entre mes mains. Elle est maintenant à Fantasmaginaire… Comme je la regrette. Une aussi bonne cuisinière ne devrait pas être Vagalâmeur. Qu’y puis-je, sinon de me faire une raison et n’avoir juste que le souvenir de ses bons petit plats.

-        Et bien de notre côté c’est Mirabelle, Aline, Gary, Anizett, Amuramon et Dorine qui sont à Fantasmaginaire. Que je lui annonçais.

-        Quel dommage, moi qui me faisais un plaisir de vous inviter tous à dîner ce soir, mais ils le méritaient tous.

-        Êtes-vous sérieux Capitaine Baccardi ? Lui demanda Clakett.

-        Absolument capitaine et puisqu’il ne reste que vous deux mon invitation tient toujours.

-        Je suis désolé capitaine Baccardi mais ce soir j’ai une réunion avec mes officiers supérieurs mais le capitaine en second Mike, s’il le désire, pourra honorer votre invitation. Lui répondit Clakett.

-        Qu’est-ce que ce piège capitaine Baccardi ? Le soupçonnais-je d’un coup fourré.

-        Capitaine en second Mike, je vous donne ma parole qu’il n’y a aucune sorte d’entourloupe. Non, c’est fini, j’ai fais une croix sur nos différents. Vous avez gagné et je suis bon perdant. De plus, grâce à ce navire Creuztatomb très bien armé et qui avait les calles pleines, je me suis redressé très rapidement. Belle aventure, voilà ce que j’en tire aujourd’hui.  Venez à mon bord dîner en toute amitié capitaine en second Mike et je vous promets que vous ne le regretterez pas.

-        D’accord, je vous fais confiance capitaine Baccardi. A quelle heure ?

Il consulta sa montre à gousset et :

-        20 heures ça vous va ?

-        Parfait ! Que j’acceptais.



Episode 68

Le dîner de Baccardi.

A 20 heures précise je montais à bord du Troudanlo 2. Baccardi m’attendait sur le pont et à ma grande surprise son équipage était aligné au garde-à-vous. Dans le tas je reconnaissais Radukou, Fassoven, Poirovin, Granpeti, Ematom et quelques autres. C’était amusant de les voir ainsi me rendre les honneurs, moi un Vagalâmeur.
Je n’étais pas candide, c’était sur ordre de Baccardi et non de leur propre initiative.
Baccardi me conduisit à ses quartiers. Dans sa salle à manger privée il m’invita à m’asseoir et me servit du champagne à bulles vertes.
C’est bien la première fois que nous étions face à face en paix.

-        Vous voilà devenu capitaine en second. Une promotion rapide. Rigola-t-il.

-        Vous y avez beaucoup contribué capitaine Baccardi. Que je lui répondais ironiquement.

-        Laissons tomber les « vous » et les « capitaine » nous sommes ce soir entre vieilles connaissances alors appelle-moi Baccardi tout simplement.

-        D’accord, idem pour moi.

-        Donc j’ai participé à ta promotion… J’en tire une certaine fierté d’ailleurs. Tu te rends compte, Dorine et Mike, les plus jeunes capitaines en second de l’histoire, toutes marines confondues. Et moi, Baccardi, j’étais de ce coup là !

-        Un coup qui vous a momentanément ruiné.

-        Il m’a fait connaitre Lady Dark c’est déjà beaucoup. Mais aussi, je peux te l’avouer maintenant, votre évasion m’a évité des remords.

-        Des remords ?

-        Si je vous avais vendu au Crevesueurs j’en aurais eut. Me disait-il les yeux dans les yeux.

-        A ce point ?

-        Oui cher Mike, à ce point. La vengeance m’aveuglait mais dans le fond je vous aimais bien jusqu’à avoir une certaine admiration. Le meilleur élément de mon équipage ne vous vaut pas…. La preuve, Certains ont même réussi à se faire berner et vous laisser le Klakoven. Paix leurs âmes ! Je sais tout dans les détails parce que vos journaux ont publié le rapport du capitaine Mirabelle. Je ne peux que m’incliner. Vous avez eut du cran et de la lucidité.

-        Faut dire que Dorine et moi on avait la haine.

-        C’est sûr que je vous en avais fait baver, ça aide. Ha, ha, ha, ha !

-        Et tu avais en plus l’intention de poursuivre !

-        Hummm, Je ne crois pas que je vous aurais encore tourmenté longtemps…. Enfin je n’en sais rien… Mais buvons Mike, Buvons à cette belle aventure.

-        Et Chapoklak ? Elle n’était pas sur le pont à mon arrivée. Que je l’interrogeais en reposant mon verre.

-        Ha oui, Chapoklak…. Elle était devenue jalouse de Lady Dark et je crois que si je n’y avais pas mis le holà elle me l’aurait trucidé quelque part dans la jungle.

-        Et c’est quoi le « Holà »

-        C’est radical et définitif ! Me répondit-il avec son petit rictus.

-        Personnellement, si je peux donner mon avis, elle ne méritait que ça.

-        Peut-être… Fit-il pas tout à fait convaincu. Dis-moi, c’est un sacré Navire le Balablen, tout le monde en parle et surtout, personne ne veux le rencontrer. Paraît que les ingénieurs de votre chantier naval ont trouvé une technique de propulsion révolutionnaire.

-        C’est exact !

-        Egalement de nouveaux canons bien plus puissants, rapides et mobiles.

-        C’est encore exact mais je ne t’en dirais pas plus.

-        Je ne te demande rien sachant que de toute façon tu ne me dirais rien et ce n’est pas le but de mon invitation. J’ai vu votre navire et je le trouve impressionnant mais personne n’est invincible et le Balablen ne me fait pas peur.

-        Tu devrais pourtant.

-        Il me semble avoir connu deux mousses même pas artilleur qui sont les seuls sur tout l’océan à avoir mis un boulet dans le tube d’un extracteur et les mêmes avec rien dans les mains ont réussi à tromper le tiers d’un équipage Kidnapingre armé.

-        C’est vrai Baccardi, c’est vrai… Tu as raison, il n’y à rien d’impossible comme rien d’invincible.

Une bonne odeur de cuisine arrivait doucement dans la pièce.

-        Si j’en crois ces vapeurs parfumées, tu as engagé un nouveau maître coq qui ne doit pas être maladroit. Lui dis-je.

-        Oui il est bon mais dans notre monde je ne trouverai jamais d’équivalent à Lady Dark. Répondit-il en plaçant lui même assiettes et couvert sur la table.

-        Nous sommes trois ? Le questionnais-je en comptant les assiettes.

-        Oui Mike, le maitre coq dîne avec nous. Il ne devrait d’ailleurs pas tarder.

A peine avait-il dit cela que la porte s’ouvrait.

-        Glassalo toi ! que je m’exclamais de surprise et de joie en reconnaissant sa bouille sous sa toque.

De son bras il me serra le cou à m’en faire perdre la respiration.

-        Mike, Mike Mike ! Que je suis content de te revoir hurlait-il joyeusement en me secouant dans tous les sens.

Baccardi le décrocha de mon pauvre cou et le fit s’asseoir.

-        Tu aurais dû me dire Baccardi, j’aurais apporté des bombons. Lui dis-je en me massant la nuque.

-        Il en a plus qu’il n’en faut jusqu’à s’en gâter les dents. Me répondit-il en lui jetant un regard paternel.

Glassalo sautait de joie sur sa chaise.

-        Tu sais Mike, rigolait Baccardi, quand il a su que tu viendrais dîner ce soir, il est devenu comme fou.il regrette simplement que Dorine ne soit pas avec toi. De ta copine Il en a fait des dessins partout dans sa chambre et même une petite sculpture en bois.

-        Sacré Glassalo ! Dis-moi, tu es content d’être de nouveau avec le capitane Baccardi ? Lui demandais-je.

-        Ho oui et faut que je te dise, j’ai tenu ma promesses, oui Mike j’avais juré et j’ai pas tué de Vagalâmeur. Demande au capitaine Baccardi ! Hein capitaine, hein capitaine ?

-        C’est vrai, je peux en témoigner et c’est bien le seul Kidnapingre ainsi. L’exception qui confirme la règle.

-        Tu l’as récupéré à l’ambassade de Galoban je suppose ?

-        Oui, un Crèvesueur m’avait renseigné que le Klakoven y était et qu’il y avait un de mes membres d’équipage un peu dingue qui était arrivé avec vous. Ce ne pouvait être que Glassalo. Maintenant il est maître coq sur le Troudanlo 2 et je dois dire qu’il se débrouille plutôt bien.

-        Oui, oui, C’est capitaine Baccardi qui est venu me chercher. S’agitait joyeusement Glassalo.

Le capitaine tira sur un cordon pour qu’on n’apporte les plats et qu’on nous serve. Il posa une main tendre sur la tête de Glassalo et me dit :

-        Vous ne l’avez pas tué, il m’a expliqué et pour ça je vous dis merci ! j’ignore ce que nous réserve l’avenir mais je peux t’affirmer que tant que tu seras avec Clakett aux commandes du Balablen, si jamais on se croise, je regarderais ailleurs et je changerais de cap. Un jour, vous trouverez votre Inquêtrice et Inquêteur. Quand je l’apprendrais, je m’occuperais du Balablen.

Le dîner fut très agréable accompagné de bonnes blagues, de bons vins et le souvenir de la magistrale fessée que feu Patapin m’avait administrée. Un passé qu’on évoquait sans haine…. Juste les anecdotes d’une périlleuse et formidable aventure.
Ce fut tard dans la nuit que je suis remonté à bord du Balablen.



Episode 69

L’inquêtrice.

Le lendemain en fin de matinée nous avons appareillé. Au passage Baccardi et Glassalo nous ont salués.

La vie à bord me devenait monotone. J’en avais soupé des combats navals, des coups de sabre, du sang et des Vagalâmeurs qui fermaient à jamais leurs yeux. Clakett avait beau faire tout ce qu’elle pouvait mais mon moral ne cessait de vertigineusement dégringoler. Si elle n’était pas avec moi, je crois que je me serais déjà balancé à la flotte. Chaque inquêtrice ou inquêteurs récupérés regardaient Clakett d’une étrange façon et chaque fois je craignais qu’ils me prennent mon unique bien. Elle était mon réconfort, ma douceur, mes petites violences quand mes fesses le réclamaient. Elle était mon indivisible bouée dans cette mer de sauvagerie et je passais de plus en plus de temps dans ses bras. Je passais de plus en plus de temps à me perdre dans l’envoutement de ses yeux unique endroit où je me sentais bien. Nous avions une complicité qui me faisait parfois oublier ma quête. Hier soir, elle m’avait sauté dessus et attaché à mon lit après m’avoir flanqué une copieuse fessée. Sans défense, je fus son esclave sexuel. A son tour, armée d’un martinet, elle me soumettait au jeu d’un amour particulier. Je succombais quand elle s’empalait sur moi, je savourais son sexe, je dégustais le feu des lanières quand ma fougue faiblissait.
Elle m’apprenait de nouveau jeu, elle me testait et je succombais de cet amour si particulier. J’étais à elle, rien qu’à elle, elle était à moi, rien qu’à moi et je n’avais qu’une hantise, c’est qu’un jour prochain un Inquêteur me l’enlève. Je n’y survivrais pas !
Un matin, regardant l’horizon, je lui avouais pour la première fois de vive voix mon amour pour elle. Bien sur, cette union était impossible parce qu’elle était sans avenir dans ce monde où inquêtrice et inquêteur un jour nous sépareraient. Un amour intense mais éphémère car la vie pouvait d’un moment s’arrêter d’un coup de sabre, d’une balle, d’un boulet ou d’être esclave des Crèvesueurs.  
Et l’un de nous deux, avec de la chance, sentira un jour sa main prise par une inquêtrice ou un inquêteur. Etrangement, pour moi je n’y voyais qu’un seul avantage, celle d’enfin vivre dans un monde en paix et retrouver mes amis. Au fond de moi, j’étais persuadé qu’aucune Inquêtrice ne pourrait remplacer Clakett.
Elle avait sourit de ma déclaration et je ne sais pourquoi, je sentais en elle un soulagement comme si elle attendait cette révélation depuis longtemps. Elle me déposa un petit bisou sur la joue avant de rejoindre la passerelle et ordonner qu’on mette le cap sur le territoire Végétateur.

Deux semaines plus tard, nous sommes arrivés au port de Galoban et nous avons amarré le Balablen juste derrière une galère impériale qui attendait certainement le retour d’un navire. Pas le notre, nous n’avions pas d’inquêteur et d’élu à bord.
Appuyé sur le bastingage je regardais ce magnifique navire laqué et enluminé de dorures. Mes yeux s’enivraient en suivant les méandres compliqués de ses décorations. Je contemplais ce navire qui allait encore emporter des heureux vers Fantasmaginaire. Et moi…. Moi dans deux jours je serais sur l’océan à traquer l’ennemi et fêter mes 19 ans entre deux abordages. Une année déjà et j’imaginais les bougies s’accumuler et vieillir, vieillir et vieillir avec mes gallons. Je pensais à Dorine, Aline, Mirabelle, Lady Dark et Gary. Que faisaient-ils en ce moment dans ce paradis sans guerre et sans prédateurs. Je ne doutais pas de leur bonheur pas plus que de mon malheur.
Clakett m’a rejoint.

-        Alors Mike, tu rêves ? M’interrogea-t-elle.

-        Oui… Que je soupirais.

-        Elles sont vraiment magnifiques ces galères.

-        Oui… Que je soupirais encore.

-        Elle va bientôt partir pour Fantasmaginaire.

-        Oui… En soupirant toujours.

-        Elle n’attend que son Inquétrice et son Vagalâmeur qui iront s’enlacer dans la douceur de ses appartements.

-        Oui…

-        Viens Mike, il est temps de partir, nous n’avons plus rien à faire ici. me déclara Clakett.

Je tournais mon visage vers elle avec un peu d’étonnement et bien plus encore quand de son ongle elle gratta le maquillage qui avait toute cette aventure camouflé sur sa joue droite la petite pastille nacrée.
Elle me tendit la main, j’y déposais la mienne.

-        Fantasmaginaire nous attend Mike !


                                  FIN











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