LECTURE DE LA SAGA

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Il en sera de même pour Fantasmaginaire 2, 3, 4 et 5.

lundi 14 juillet 2014

F5 épisodes 112, 113, 114, 115




Episode 112


La bataille de Fantasmalice (Dernier acte)


Mike et Mikael récupèrent leurs ceinturons, prennent pistolets et sabres puis entrainent Hoducol dans la rue.
 L’explosion des navires et la fuite de Laikayé avec le Primalakace sème la pagaille dans les rangs des envahisseurs. C’est tellement la débandade que Les Crèvesueurs et les Creuztatombs ne prêtent aucune attention à Mike, Mikael et Hoducol qui pourtant ne cesse de les haranguer pour être libéré.
Certains jettent leurs armes sur les pavés, Mike récupère un fusil d’assaut.

- Tu sais t’en servir ? Lui demande Mikael.

- Non mais ça impressionne. Répond-il crânement en tenant l’arme de manière à ce qu’elle soit bien visible.

De temps en temps, ils se blottissent sous une porte cochère ou dans un angle car des proches coups de feu éclatent. Des petits groupes passent en brandissant des drapeaux blancs et en hurlant qu’ils se rendent. Hoducol les insulte non parce qu’il n’admet pas leur reddition, mais pour tenter de les provoquer et qu’ils s’attaquent aux deux jeunes hommes.
Mike et Mikael l’incite à avancer plus vite et se taire en distribuant de temps en temps des coups de pieds au cul.

Un peu plus loin, un Creuztatomb se mets à genoux devant eux en déposant ses armes au sol.

- J’ai été enrôlé de force, je ne voulais pas, je vous jure. Implore-t-il Mike et Mikael.

- Je te conseille d’aller au fortin avec un drapeau blanc et d’expliquer ton cas. Lui répond Mike.

- Non imbécile, délivre-moi ! Supplie Hoducol.

Le Creuztatomb se relève, regarde fixement Hoducol, rigole de sa lèvre enflée et lui crache au visage avant de suivre un petit groupe qui dit savoir où il y a des embarcations.

- Tes alliés ne semblent pas beaucoup t’aimer. Ironise Mike.

- Ce ne sont que des fourbes. Enrage-t-il en essuyant sa joue sur son épaule.

- Et quand tu parles de fourbe, au moins tu sais de quoi tu causes. Ajoute Mikael.

Arrivés au Fortin, Mike pousse Hoducol jusqu’à l’état major au premier étage. La surprise est grande pour le mage Arnak et Mirabelle, autant stupéfaits de voir Hoducol livré que de voir Mikael.

- Mais qu’est-ce que tu fiches là ? Interroge le mage à l’adresse de Mikael.

- Ben… Je n’ai pas pu… Non je n’ai pas pu, c’était trop dur. Répond-il en baissant les yeux.
Le mage s’illumine d’un petit sourire compatissant et redresse la tête de Mikael.

- Les sentiments sont parfois de mauvais conseillers mais je ne peux te blâmer. Madame Iris et Melle Véra t’ont laissé revenir bien légèrement. Dit le mage Arnak d’une voix souple et apaisante.

- Heu… Elles ne savent pas mais je suis sûr qu’elles ne m’en voudront pas, elles comprendront. Avoue et espère Mikael.

- Peut-être mais ce qui est certain c’est qu’elles vont beaucoup s’inquiéter. Elles doivent être terrifiées. Retourne immédiatement au château. Intervient Mirabelle.

- J’étais prisonnier de cette pourriture et Mikael à tenté de me délivrer. Le défend Mike en désignant de la main Hoducol.

- On distribuera les médailles plus tard, Mikael tu repars rassurer Melle Véra et madame Iris. Baccardi nous a prévenu qu’il serait là avec le commandant Rozdéven dans huit heures. Tu reviendras le chercher, nous laissons le livre ouvert. Tranche le mage Arnak.

Jaimzbonde arrive en trombe dans l’état major et annonce que dans la plupart des quartiers, l’ennemi dépose les armes.

- C’est de la faute de Bakaçable, c’est lui qui nous a trahis, c’est lui qui à donné ordre à Laikayé de détruire les navires et de s’enfuir avec le Primalakace pour se rendre et c’est aussi lui qui m’a livré aux deux petits branleurs ! Crie Hoducol en bavant.

Mirabelle demande à Mike de lui raconter et c’est ce qu’il fait en détail en insistant surtout sur ce que Hoducol avait l’intention de leur faire subir après le duel avec Mikael puis l’intervention fortuite de Bakaçable. Elle approche de Hoducol recroquevillé au sol.

- Tu ne vaux même pas le caleçon que tu portes. Tu es ce que j’ai vu de pire. Lâche, vil, traitre, sadique, criminel, poltron, couard, menteur et je pourrai encore allonger la liste. Je sais de ce Bakaçable que c’est un mercenaire terrien mais je pense que s’il a agit ainsi, c’est qu’il ne voulait plus être complice d’un minable comme toi. Tu vas finir ta carrière et ta vie comme rameur sur une galère, quelle chute vertigineuse après avoir été grand conseillé et gouverneur de l’île du Centre. Misérable déchet, tu ne mérites que ça. Lui dit-elle avec tout le mépris qu’elle a de ce genre d’individu. Gardes, jetez-moi ce détritus au cachot ! Commande-t-elle.
Hoducol est emporté sans tendresse, son visage marque la déchéance et la peur.

Mike sort son livre du sac et le présente ouvert à Mikael.

- Je crois qu’il faut que tu files ; il commence à faire jour ici alors presses-toi si tu ne veux pas te coucher trop tard. Merci encore, tu vois cette fois tu n’as pas eut la trouille. Bakaçable a raison, sans les Crèvesueurs, tu mettais Hoducol en petits morceaux. Pas terrible ta technique, mais bordel, très efficace. N’oublie pas que dans huit heures tu ramènes Baccardi. A tout à l’heure mon ami.

- Quand je vais leur raconter ça, elles ne vont pas en revenir les femmes. A tout à l’heure Mike et surtout tiens mieux ta promesse, parce que pour ce qui est de ne pas commettre d’imprudence, ce n’est pas vraiment ça.

- Désolé, il y a toujours des imprévus dans une bagarre mais ne t’inquiètes pas, cette fois c’est fini, dans pas longtemps ils seront tous en prison.


Mikael fait un clin d’œil et pose son index sur la page ouverte.


Episode 113


La victoire (Acte 1)


Mikael réapparaît mais pas dans le dortoir du château, le livre à été déplacé et c’est dans la cuisine qu’il se retrouve sous les regards réprobateurs de Melle Véra, madame Iris et Ellie. Il leur fait un petit sourire un peu crispé puis :

- Je n’ai pas été trop long hein ? Fait-il d’un ton badin histoire de détendre l’atmosphère.

- Tu te rends compte Mikael, est-ce que tu te rends vraiment compte ?!! Tempête Melle Véra en se levant de sa chaise le visage sévère.

- Doucement, je suis majeur et vacciné ! Réplique-t-il voyant bien que les trois femmes sont de mauvais poil et n’ont pas du tout apprécié son escapade.

- Ha oui ! Je vais t’en mettre une qui va définitivement te vacciner des bêtises ! Répond-elle en empoignant Mikael pour le tirer vers la chaise.

- Je passe après. Ajoute madame Iris.

- Hey ? Mais… Je me suis battu en duel au sabre contre Hoducol et…

- Nous c’est nos ongles qui se sont battus en duel contre nos dents ! Le coupe Melle Véra en le basculant vigoureusement sur ses genoux.

- La guerre est finie, la guerre est finie, écoutez-moi ! Crie Mikael en essayant de se dégager.

- Tant mieux mais ça commence seulement pour tes fesses ! Fait Melle Véra en troussant la tunique et tirant le slip aux bas des cuisses.

Mikael n’a plus le loisir de se justifier que les premières claques puissantes et rageuses s’abattent sur son fessier dénudé. Farine le chat qui somnolait tranquillement à côté de sa gamelle se réveille en sursaut et quitte la cuisine comme une flèche.
- Melle Véra ! HAÏE ! AÏE ! Mais… HAA ! Non ! Non ! HAOU ! Hurle-t-il.
La femme décharge le surplus d’angoisses, d’inquiétudes et de terrible attente. Une pluie lourde et sévère tombe, Mikael gesticule en implorant mais Melle Véra semble sourde et lui administre une fessée bien pesée. C’est du raide, pas d’échauffement, ça explose comme un pétard, ça fait mal à la seconde ou la première dégringole. Percutante, intense, cuisante et sans compassion. L’épiderme de Mikael est passé en quelques secondes d’un rose plutôt pâle à un rouge prononcé et la main qui frappe remet une couche incandescente à chaque fois. La fessée ne dure pas plus qu’il ne faut mais sans aucun doute déjà trop longue pour Mikael. Madame Iris est prête à prendre le relais.
Energiquement, Melle Véra dégage Mikael de ses genoux et laisse la place, l’infortuné n’a même pas le temps d’émettre un souffle et encore moins de protestation qu’il est déjà tiré en travers des genoux de madame Iris pour en recevoir une seconde tout aussi flambante et douloureuse. Les jambes et les bras de Mikael moulinent et ses plaintes couvrent presque le bruit sec des claques. Une fois la raclée achevée, Mikael se laisse glisser sur le carrelage et reste un petit moment à genoux trépignant, grimaçant en se frottant le postérieur puis se met à quatre pattes en tapant du poing sur le carrelage.

- Ellie tu le ramènes au dortoir, à la douche, tu lui passe de la pommade et tu en profite aussi pour lui en mettre sur l’hématome de son avant bras. Ensuite tout le monde au lit. Le livre je le prends avec moi.

- Non… Non, je dois aller chercher Baccardi dans huit heures. Préviens Mikael d’une petite voix mouillée en se reculottant délicatement.

- C’est bien vrai ? Se méfie Melle Véra.

- Oui… Je vous promets que c’est la vérité.

- Je te préviens, si c’est un mensonge pour encore une fois retourner là-bas, moi je te promets une fessée encore plus sévère au Paddle jusqu’à ce que la peau des fesses éclate. Tu es prévenu !

- Bordel je vous jure que c’est vrai. Soutient Mikael.

Vingt minutes plus tard dans le dortoir après la douche, Ellie va chercher le tube de pommade dans l’armoire à pharmacie et Mikael s’allonge sur son lit à plat ventre.




- Whooooouuuu, alors là mec, tu en as pris une carabinée. Pouffe Ellie en passant la pommade.

- C’est rien de le dire, bordel qu’est-ce qu’elles m’ont mis, je te raconte pas comment j’ai douillé. Elles avaient la rage ! Ça me lance encore, je dois avoir les fesses violettes.

- Violette non, mais… En tout cas c’est bien rouge… Rouge carmin. Ça te va bien, ha, ha, ha, ha ! Faut dire que tu ne l’as pas volé celle là. Tu ne peux pas savoir comment qu’on se bouffait les boyaux.

- D’accord, j’aurais dû prévenir mais quand même, je suis assez grand pour prendre mes responsabilités. Bordel, un héro qui reçoit une fessée déculottée comme un sale gosse, pffff, elles n’ont aucun respect.

- Comment veux-tu recevoir une fessée autrement ?

- Ben… Enfin tu comprends ce que je veux dire. Répond Mikael.

- Oui, un héro devrait recevoir une fessée avec une main de coton sur des genoux couvert d’un coussin de velours brodé d’or en sirotant un verre de champagne et accompagné d’un orchestre de chambre. C’est ça ?

- Oui, presque.

- Quand je pense que moi depuis qu’Agramant est parti je n’ai rien reçu, tu sais que je suis limite en manque et j’aurai bien prise une moitié de ce que tu as reçu.

- Il ne fallait pas te gêner, ça m’aurait bien soulagé.

- Vache, par contre ton avant bras lui il est violet. Constate Ellie.

- Ouais, vas-y doucement avec la pommade parce que c’est sensible. Prévient Mikael.

- J’espère que tu n’as rien de cassé. Tu t’es vautré ?

- Non rien de cassé, ça n’a pas trop enflé. C’est un coup de sabre… Avec le plat, je précise. Hoducol chiait dans son froc et il a appelé ses copains Crèvesueurs. Ils étaient quatre, je n’ai pas eut la loi. Relate Mikael avec une pincé de fanfaronnerie.

- Noooon, tu t’es vraiment battu au sabre contre Hoducol ?!!! Raconte-moi, ouais, raconte ! Sollicite Ellie impatiente.

Mikael met un pyjama et lui raconte sa petite fugue d’un bout à l’autre en concluant que la victoire est acquise. Ellie écoute avec les mêmes yeux qu’un enfant à qui on lit un conte de fée.
Le récit achevé, ils éteignent les lumières et s’endorment.


Episode 114


La victoire (Acte 2)


Six heures du matin, Melle Véra entre dans le dortoir et secoue Mikael en lui annonçant qu’il est l’heure d’aller chercher Baccardi. Il se lève un peu engourdi, passe dans la salle de bain, s’habille rapidement et suit Melle Véra jusqu’à la cuisine.

Mikael s’assoit en se frottant encore les yeux, Farine lui saute sur les genoux en ronronnant. Melle Véra sert deux tasses de café chaud et ouvre un paquet de biscuits.

- Je laisse le livre ouvert ici comme ça quand vous reviendrez vous aurez tout de suite le café. De toute façon, on sera là. Ça va les fesses ?

- Ben… Elles sont encore bien marquées mais ça va. Répond Mikael avec un petit sourire.

- Ne recommence plus à nous faire des peurs comme ça, tu ne peux pas t’imaginer comme on s’inquiétait. J’ai passé assez de nuits blanches en pensant à Baccardi. Mais qu’est-ce qui t’a pris de repartir, tu es fou, c’est la guerre là-bas. Lui dit Melle Véra en lui bisant la joue.

- Oui, oui je sais, je… Je ne pouvais pas, vous comprenez c’est Mike.

- Oui je peux comprendre mais que tu sois à Fantasmaginaire ne changeait rien si ce n’est que tu aurais pu être blessé ou pire.

- Oui, c’est vrai…

- Va il est temps et si tu vois qu’il y a danger, tu reviens tout de suite.

- Je crois que maintenant c’est fini. A tout à l’heure Melle Véra. Assure Mikael en posant son index sur la page ouverte.

Dix secondes plus tard il arrive à l’état major. Gary et Océbé sont les seuls présents attablés sous une lampe.

- Il n’y a que vous, où est Baccardi ? Questionne Mikael.

- Baccardi n’est pas encore arrivé, ils sont bloqués par l’épave du Karanteure dans les Pics du labyrinthe. D’après le dernier message, aidé du Primalakace ils sont en train de le faire pivoter pour passer. Je pense que d’ici deux ou trois heures il sera là mais je ne peux rien affirmer. Répond Gary.

- Et Mike, Mirabelle, Dorine, Clakett et le mage Arnak, où sont-ils ?

- Ils font le ménage dans la ville.

- La guerre n’est pas finie ?

- Si mais il a quelques Crèvesueurs et Creuztatombs qui se planquent dans la ville alors faut les sortir de leur trou et les ramener au fortin pour les enfermer dans la cour. Il n’y a plus que cet endroit, toutes les prisons sont pleines à craquer. Informe Océbé.

- Viens, assis-toi et prend un café ou un thé. Propose Gary.

Une trentaine de minutes plus tard Mike Dorine et Mike arrivent avec un petit groupe de soldats. Le plus gradé informe Océbé que Fantasmalice est maintenant calme et que les combattants ennemis qui n’ont pas été pris ont fuit avec tout ce qu’ils trouvaient comme embarcation ou à pied par la forêt. Un garde impérial apporte la nouvelle liste des prisonniers.

- Hey Mikael ! Alors tu as dû avoir droit au compliment au château ? Dit Mike.

Mikael lui fait un petit sourire en coin et l’entraine à l’écart dans l’arrondi d’une tourelle.

- En guise de compliment j’ai pris une correction par Véra et Iris ! Lui répond-il.

- Woooh tu me fais marcher. Ne le crois pas Mike.

- Tiens regardes un peu. Fait Mikael en soulevant l’arrière de sa tunique et en baissant son slip.

- Bordel ! Mais pourquoi ? Elles sont malades !

- Mais non, elles ont flippé voilà tout ! Alors quand je me suis pointé je ne te raconte pas ce que j’ai pris.

- Ben oui, je vois ça, bordel elles ont été dures.

- Oui même très dures, je crois que la main de bonemain m’aurait fait dix fois moins mal.

- Bon, il faut que je te cause, avec Dorine nous avons retrouvé Bakaçable. Il était tranquille et n’avait pas bougé du sous sol où nous l’avions quitté sauf que le tonneau en à pris un sacré coup.

- Il était bourré ?

- Penses-tu, un peu joyeux mais pas plus. Normalement on a ordre d’arrêter tous les ennemis et de les conduire au fortin mais nous ne l’avons pas fait pour lui. Explique Mike.

- Il ne veut pas se rendre ?

- Ce n’est pas ça, il veut rentrer en France et il m’a demandé de faire le passeur. J’ai refusé en lui disant que son monde n’était pas le mien et qu’il n’y avait que toi qui pouvais décider.

- T’es con toi ! Je ne vais pas ramener ce mec au château. Ce n’est plus une double fessée que je vais recevoir, elles vont me pendre, me mettre au bûcher ou me jeter aux lions les femmes. Tu ne trouves pas que je suis suffisamment doué pour me mettre tout seul dans la merde, faut que tu en rajoute. Bordel, tu ne peux pas me demander ça ! S’emporte Mikael.

- Il veut te parler et ensuite tu fais comme tu veux.

- Comme je veux hein ? Je te ferai remarquer camarade qu’il à un gros révolver et si je refuse il va me faire péter le crâne.

- Je suis sûr que non et puis Dorine et moi on sera là.

- Qu’est-ce que ça change qu’on soit tous les trois, tu as vu comment il a fait avec les Crèvesueurs et eux ils étaient quatre. Comme dans les western ; pan, pan, pan, pan ! Mime-t-il un pistoléro.

- Ecoute Mikael, moi je te dis que Bakaçable n’a aucune intention de nous tuer, il veut simplement discuter avec toi et je suis sûr que si tu refuses de le passer, il va se tirer et c’est tout.

- Bon, Ce n’est pas que je suis très rassuré mais je vais quand même aller avec vous. Je le fais juste parce que ce mercenaire nous a sauvé d’Hoducol. Je lui dois au moins de l’écouter, mais avant camarade, je te préviens que si ça tourne mal et que je retombe en disgrâce entre les mains de Véra, Iris, Clakett ou Mirabelle pour une raclée, tu me remplaces.

- D’accord ! Accepte Mike amusé du contrat.

Ils attendent que Dorine finisse de consulter les registres des prisonniers puis ils descendent vers la sortie du fortin.

Comme il n’y a plus de danger en ville, Dorine et Mike peuvent sans problème sortir avec Mikael.
Tous les trois, ils vont dans les rues que les quelques lampadaire intacts éclairent par tâches. Arrivé devant la maison, Dorine s’assure qu’il n’y a pas de soldat impériaux dans les parages et ouvre la porte. Dans le noir ils se dirigent à tâtons et au fond du couloir descendent prudemment les escaliers jusqu’à poser les pieds sur le sol de la pièce principal du sous sol. Toujours dans le noir Mike s’annonce.

- Monsieur Bakaçable, c’est nous, Dorine, Mikael et moi !

Une faible flamme s’allume et éclaire le mercenaire souriant révolver braqué sur le trio.



Episode 115


La victoire (Acte 3)


D’un signe et sous la menace de son arme, Bakaçable invite Dorine, Mike et Mikael à entrer dans la seconde pièce encombrée de divers chose mises au rebus. Il montre une longue caisse et leur commande de s’asseoir. Il ferme la porte et augmente la flamme de la lampe.

- Je suis bien content de te voir Mikael. Dit Bakaçable en s’installant sur un vieux coffre. Les impériaux sont repassés deux fois ici après votre première visite, S’adresse-t-il à Dorine et Mike.

- Ils ne vous ont pas vu ? Interroge soucieuse Dorine.

- Non, j’avais laissé la porte de cette pièce ouverte et je me suis simplement caché derrière. Ils ont juste regardé vite fait et quand plus tard ils sont revenus, c’était pour ramasser les cinq cadavres. Tu as des renseignements sur Roultakaice et Bombash ? Raconte-t-il et interroge-t-il.

- Non, ils ne sont pas dans la liste des prisonniers et pas répertoriés dans les morts terriens. Répond Dorine. Dans les prisonniers il y a Ripolette et mouduglan.

- Qui est mort de chez nous ? Demande Bakaçable.

- Povmec, Fouleboul et Toutatou ! Répond-elle. Horace de Fantenay, Childéric Halebard sont prisonniers. Ajoute-t-elle.

Bakaçable rigole.

- Aucune importance pour ces deux là, ils vont finir aux galères et c’est bien comme ça. Fait-il sans état d’âme. Donc il manque Roultakaice, Bombash, Petiné et Nesskafé. Constate-t-il.

- Ils se sont surement sauvés. Imagine Mike. On va les rattraper. Prévoit-il.

- Ha, ha, ha, ha ! Ceux là vous ne les prendrez jamais. Assure avec la plus grande certitude Bakaçable. Je ne sais pas où ils vont aller mais tu peux être certain qu’ils vont s’établir quelque part dans la nature et y vivre tranquillement. Personne n’entendra parler d’eux.

- Il vaut mieux pour eux, sinon c’est la galère.

Bakaçable se tourne vers Mikael.

- Il ne reste que moi et je n’ai aucune intention de jouer les hommes des bois, je désire simplement rentrer en France et me mettre au vert. Mike m’a dit que toi seul pouvais décider, alors je t’écoute. Dit-il.

- Je ne peux pas refuser, vous allez m’exploser la cervelle avec votre arme. Répond Mikael un nœud dans la gorge.

Bakaçable regarde le révolver qu’il teint en main, il hausse les épaules et le tend à Mikael.

- Il est à toi, prends-le !

Mikael n’ose tendre la main vers l’arme. Bakaçable insiste d’un ton un peu plus sec. Mikael prend l’arme et la pose sur ses genoux.

- Voilà, tu es rassuré ? Lui demande Bakaçable.

Mikael fait un signe de tête à mi chemin entre le négatif et le positif. Bakaçable défait son ceinturon ou est accroché son couteau de chasse et le dépose au pied de Mike.

- Je n’ai plus rien alors peut-être que maintenant on va pouvoir causer sérieusement. S’énerve un peu Bakaçable.

- Pourquoi et qu’est-ce que vous allez faire en France ? Pose la question Mikael.

- Je ne vais pas rester en France, il y a trop de gens qui me connaissent et qui vont encore me proposer des contrats. C’est fini, terminé la baroude, je raccroche ! J’ai assez de pognon sur mon compte en banque pour me monter une petite affaire quelque part au soleil. J’ai 52 balais, il est temps que je prenne le large.

- C’est dur d’être perdant. Dit Mike un peu ironique.

Bakaçable esquisse un sourire.

- Non ce n’est pas cette défaite qui m’incite. A Fantasmaginaire j’ai vu un autre monde, un monde dur mais un monde qui ne se déguise pas, qui ne se cache pas derrière de beaux papiers cadeaux. Les habitants sont ce qu’ils sont, bons, mauvais, ce n’est pas à moi de juger. Tous autant qu’ils sont, ils font ce qu’ils ont à faire suivant le territoire où il ont vu le jour et là réside un étrange équilibre car aucune nation ne peut prendre le dessus. L’unique exception est Hoducol, est-il vraiment certain que ce gars soit né à Fantasmaginaire ? Pour ce qui est de la défaite, autant vous dire que si les patrons n’avaient pas été aveuglés par l’or et les diamants de vos mines et que nous avions suivit une stratégie purement militaire, vous auriez perdu, deux mois, trois, quatre ou bien une année… Qu’importe le temps, nous aurions été victorieux. Votre victoire à Galoban était juste un incident de parcours ! Mais voilà, l’arme de la richesse est redoutable et tout ce qui brille attire comme une lampe dans la nuit et là, on s’y brûle les ailes. Personnellement je suis très content que ça se termine ainsi et je souhaite à Hoducol, Horace et Childéric de vivre le plus longtemps possible pour bien en chier sur les bancs des rameurs. Surtout ne les mettez pas ensemble, ha, ha, ha, ha !

- Oui mais votre retour en France est compliqué. Le livre récepteur est dans la cuisine d’un château et je me vois mal arriver avec vous. Comment je vais leur expliquer que je ramène un mercenaire ennemi ? Dit Mikael.

- Oui, ça pose un petit problème mais la nuit les propriétaires de ce château ils dorment.

- Mais pour le moment il fait grand jour de l’autre côté. Rappelle Mikael.

- Ha oui… C’est vrai qu’ici c’est l’inverse. Il faut donc attendre le jour.

- Je dois ramener quelqu’un avant. Le hic c’est que je ne suis pas sûr qu’après… On ne vient pas à Fantasmaginaire comme on veut, je ne suis pas chez moi ici. Explique Mikael.
Bakaçable hoche lentement la tête.

- Donc sur le principe tu es d’accord pour me faire passer ? Veut-il en être certain.

- Vous nous avez sorti des griffes de Hoducol et vous avez permis que la bataille de Fantasmalice se termine rapidement. C’est bête mais si je ne faisais pas quelque chose pour vous, je m’en voudrais alors oui, je vais essayer de vous faire passer si l’occasion se présente mais ce n’est pas sûr. Répond Mikael. Promettez-moi si on y arrive, qu’une fois en France vous ne dévoilerez jamais l’existence de Fantasmaginaire et me dénoncerez pas comme le passeur.

- Non mon gars, je ne te trahirai jamais ! Pour ce qui est de Fantasmaginaire, ça restera une formidable aventure et une découverte. Je garderai ce souvenir pour moi, rien que pour moi, je te le jure sur ma propre tête parce que je n’ai que ça. Certifie Bakaçable. Si tu ne peux pas me faire passer, tant pis mais je te remercie d’avance pour avoir accepté de le faire. Si je suis condamné à rester ici, et bien je deviendrai un homme des bois et qui sait si je ne retrouverais pas les quatre autres ? Il y a deux femmes, il y en a bien assez pour trois, ha, ha, ha, ha !

- Nous allons rentrer au fortin, ne bougez pas d’ici et si demain soir nous ne sommes pas revenu ou que nous n’avons pas pris contact avec vous pour un report du passage ailleurs, vous partirez car les habitants qui n’étaient pas volontaires pour défendre militairement la ville vont commencer à revenir de leurs autres affectations après demain et c’est le cas pour cette maison. Prévient Mike.

Mikael se lève, rend le révolver à Bakaçable puis :

- Je ne peux rien vous promettre. Nous allons essayer de faire au mieux. Si nous ne nous revoyons pas, je vous souhaite bonne chance monsieur.

Bakaçable serre la main des trois et ouvre la porte de la pièce.


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Episode 116


La victoire (Acte 4)


De retour au fortin Mirabelle vient à Mikael en lui annonçant que Baccardi ne sera pas là et qu’elle ne sait quand il arrivera. Elle explique qu’ils ont de gros soucis avec l’épave du Karanteure. Ils l’avaient bien décrochée mais elle s’est de nouveau coincée une vingtaine de mètres plus bas. Ils ont décidé de la miner et de la faire sauter. En plus, il y a des fuyards qui arrivent de partout avec des embarcations volées à Fantasmalice. Le Primalakace et le Troudanlo en récupèrent quelques uns mais c’est encore du temps de perdu. Elle conseille à Mikael de retourner au château et de revenir dans trois heures.

Retour dans la cuisine.

- Baccardi n’est pas avec toi ? S’inquiète Melle Véra.

Mikael explique la situation et le nouveau rendez-vous pris.
Un peu après dans le petit salon, Ellie et Mikael sont devant la télévision.

- Ça me fait drôle de voir la télé, je l’avais presque oublié. Dit Mikael.

- Moi la téloche ça me gonfle et en plus tout ce que j’ai envie en ce moment c’est d’une fessée.

- Demande à Melle Véra, peut-être qu’elle te passera ton petit caprice. Je peux t’assurer qu’elle à une bonne main, j’en ai encore les marques d’hier soir. Hi, hi, hi, hi !

- J’ai essayé de la provoquer. Genre oublier de mettre la pastille de lessive dans le lave vaisselle, laisser mon lit en vrac, balancer mes godasses pleines de terres dans le hall mais non, elle me fait la réflexion et c’est tout. Qu’est-ce qu’il faut faire, boucher les éviers et lavabos et laisser les robinets ouverts pour inonder le château ? Tiens il y a quatre jours j’ai maquillé Farine, tu aurais vu la touche du chat avec du rouge à lèvre autour des oreilles et du bleu à la queue. En voyant ça, Véra à rigolé. J’te jure, c’est pourtant la mascotte Farine, il y a crime de lèse majesté.

- T’en a de la chance, bordel, moi je fais ça et je m’en prends une tout de suite et avant le chat aurait été capable de me griffer. Imagine Mikael dans une situation identique.

- En plus tu devais revenir avec Baccardi et il n’est pas là. Avec lui au moins j’étais certaine que dans la demi-plombe qui suivait son retour, j’avais les fesses chaudes. Ce n’est pas juste ! Vocifère Ellie.

- Et bien il faudra que tu attendes encore un peu. Dans trois ou quatre heures peut-être et encore ce n’est même pas sûr, hi, hi, hi, hi ! Après tout il n’a peut-être pas envie de rentrer, il y a tellement de belles demoiselles là-bas que les fesses d’ici ne l’intéressent plus, ha, ha, ha, ha !

- Mais tu es un vrai chenapan toi quand tu t’y mets ?

- Ha, ha, ha, ha, ha, ha ! Ellie a le feu au cul, Ellie a le feu au cul ! Chante Mikael en rigolant à chaude gorge.

- Et ça te fais rire ? Tiens si j’étais une fesseuse je t’en collerai une que comparée aux deux d’hier soir, ce serait la même différence qu’il y a entre un scooter et ma Harley. Trépigne Ellie.

- Tu te ferais mal aux mains, ha, ha, ha, ha !

- Oh mais non, dans la salle de punition il y a de quoi te faire cuire et même cramer ton petit cul sans m’abimer les mains.

- Tu n’oseras pas, ce n’est pas ton truc ça, ha, ha, ha, ha ! Se bidonne Mikael.

- Et toi tu oserais ?

- Oserais me laisser fesser par toi ?

- Non le contraire.

- Bordel tu n’es pas raisonnable là ?

- Mais si ! Houuummmmm, je me vois très bien sur tes genoux… Ôôôô ouiiiii, tu me baisse ma petite culotte avec lenteur puis tu glisses ta main en remontant entre mes cuisses, mmmmm ! Tu commences à me fesser doucement… Doucement mais pas trop quand même, j’aime bien quand ça claque un peu dès le départ. La bonne dose. Huuuuuuu ! Et puis tu arrêtes et tu m’annonces d’une grosse voix que maintenant tu va être sévère. Hoooo ouiiii et après encore plus sévère, Mamamiaaaa !

- Là tu te fais un gros cinéma Ellie. Je suis incapable de faire ça. Coupe Mikael.

- Rhaaaa, on ne peut même pas te demander un petit service. Bougonne-t-elle.

- Tu appelles ça un petit service ? Non je suis désolé Ellie je te ferai ça tellement mal que tu regretterais.

- Qu’est-ce que tu en sais ?

- Ça ne me plait pas et je n’aime pas frapper quelqu’un, surtout une jolie fille comme toi, j’en serai malade.

- Ha oui, c’est gentil ce que tu dis là. Ça te dirait une petite sieste avant le repas ?

- Heu… Il est onze heures, ce n’est pas l’heure de la sieste. S’étonne Mikael.

- Tu t’es levé tôt ce matin, tu as besoin de t’allonger. Viens on va faire une sieste crapuleuse dans le même lit.

- Ce n’est pas du repos ça ?

- C’est de la détente et c’est recommandé par le guide des feignasses associés.

- Tu sais que moi… enfin… Comment t’expliquer que…

- Oui, oui, oui, Comme Mike, t’occupes, Je sais la recette.

A midi lorsqu’Ellie et Mikael descendent pour manger, ils arborent des visages rayonnants.
Madame Iris a préparé une blanquette de toute première saveur et Melle Véra, pour conclure ce repas, une remarquable tarte aux prunes.

Après le café il est temps pour Mikael de retourner à Fantasmalice.



Episode 117


La victoire (Acte 5)


Revenu à Fantasmaginaire il tombe sur le mage Arnak en pleine discussion avec la général Odiofil et Clakett.

- Tu reviens pour Baccardi, Il faudra encore attendre ; vu les problèmes qu’il rencontre je crois que ce ne sera pas avant demain après midi. Lui annonce le mage.

- Ho non, moi j’en ai marre de faire l’aller et retour, c’est qu’il fait froid dans le passage.

- Et bien reste avec nous mais je te préviens, Dorine et Mike sont couchés.

- Rester n’est pas possible, Véra, Iris et Ellie vont s’inquiéter. Je reviens quand alors ?

- Si tu veux prendre le petit déjeuner de la victoire, dans sept heures. Répond le mage. Sinon dans douze ou treize heures. Ajoute-t-il.

- Dans sept heures c’est le souper pour nous mais bon, va pour le petit déjeuner de la victoire.

Mikael revient au château et rapporte ce que le mage lui a dit. Sachant qu’il va passer une nuit blanche en retournant à Fantasmaginaire où il fera jour, Mikael monte au dortoir et se couche.
Les évènements retardant Baccardi l’arrange bien car, pense-t-il, quand il va retourner à Fantasmalice il sera début de nuit ici et matin là-bas, c’est donc idéal pour faire discrètement passer Bakaçable.

A dix-neuf heures Ellie le réveille en lui faisant des bisous partout accompagnés de chatouille. Mikael enfile sa tunique et descend à la cuisine.

- Vous ne voulez pas prendre le petit déjeuner de la victoire ? Propose-t-il à Melle Véra, madame Iris et Ellie.

Les trois femmes refusent, non qu’elles n’auraient pas aimés aller à Fantasmalice mais pendant que Mikael dormait elles ont décidé de se faire une sortie entre femmes et ont réservé au restaurant.

Quand Mikael arrive dans l’état major du fortin il n’y a que Mirabelle qui somnole.

- Je t’attendais, le mage m’avait dit que tu viendrais pour le petit déjeuner et comme il ne faut pas laisser le livre sans surveillance. Lui dit elle en refermant les pages et en rangeant le livre dans un sac de toile qu’elle donne à Mikael.

Ils descendent et sortent du fortin, sur la pelouse de grandes tables sont dressées au moins pour cent personnes.
Mirabelle est pimpante, elle montre l’étendue des tables aveuglantes de nappes blanches et dit toute réjouie :

- Dans trente minutes ça va être la cohue et il n’y a pas qu’ici, il y a autant de tables sur les quais et la grande place. Nous avons gagné, la guerre est finie, il est temps de faire la fête et elle va durer des jours et des jours et il en sera de même chez les végétateurs et les Kidnapingres.

Comme l’avait dit Mirabelle, une trentaine de minutes plus tard tous les soldats, gardes et habitants volontaires se pressent et s’installent joyeusement et pourtant, beaucoup d’entres eux n’ont dormi qu’une heure ou deux. Des marmites de café, de thé et de lait, des gros pots de gelée, de confiture et de miel, des sacs de pain frais, des paniers de fruits, des énormes mottes de beurre, des plateaux empilés de bols et de tasses de toutes factures sont apportés sur les tables d’où les chants de victoire commencent à monter en puissance. Dorine, Clakett, Gary, le mage Arnak et Mike rejoignent Mirabelle et Mikael en bout d’une longue table.
Partout c’est la joie ; les rires et les larmes se mélangent. Un Oblitérétimbré de l’impératrice se pose sur l’épaule du mage et le message est une ode à toutes celles et ceux qui ont résisté et vaincu les envahisseurs quelque soit leur nationalité.
Pour certaines et certains, le petit déjeuner se poursuit en musiques et danses, pour beaucoup, c’est aussi la préparation au retour vers leurs familles réfugiées, leurs inquêtrices, leurs inquêteurs, ou leurs élus(es) puis plus tard, vers leurs villes d’habitation. Plus tristement pour d’autres, après l’ivresse de la victoire il va être un moment de deuil.
Des galères impériales remontent de Fantasmarxbrozeur vers Fantasmalice pour assurer le transport, d’ici là, le fleuve sera dégagé de tout ce qui l’encombre.
C’est un peu avant midi que Dorine, Mike et Mikael se rendent dans le sous-sol. Bakaçable est toujours là et affiche un large sourire quand il voit Mikael.

- C’est la fête, j’entends d’ici. Dit-il. Vous avez bien mérité ce moment de bonheur et j’espère que plus jamais d’autres Hoducol, Horace et Childéric viendront vous emmerder. Joint-il.

Mikael sort le livre de son sac et l’ouvre.

- Moi j’espère que les femmes après leur resto ne traînent pas en cuisine parce que sinon j’ai le droit au pilori après avoir reçu le fouet. Dit-il un peu inquiet.

- Au pilori et le fouet ? Qui sont donc ces femmes ? S’étonne Bakaçable.

Mikael rougit d’un coup s’apercevant de sa bévue.

- Ce n’est rien, c’est son expression pour dire qu’il se ferait copieusement engueuler. Intervient habilement Dorine.

- Bah oui, c’est juste pour donner une mesure à l’engueulade. Ajoute Mikael trouvant admirable et salutaire la justification de Dorine.

-Bakaçable pouffe en se débarrassant de son ceinturon, et de son pistolet.

- Vous êtes prêt ? Demande Mikael un peu tendu.

- Attends un peu. Répond Bakaçable en fouillant dans sa poche intérieure pour en sortir une petite boite métallique.
Il l’ouvre et de deux doigts tire une petite coupelle colorée. Il la tend à Mike.

- Tu vois mon gars, c’est une capsule de bouteille de whisky, une des deux bouteilles que nous avons vidé avec Senlabièr à notre première rencontre. A ce moment là, ivres sans doute mais suffisamment lucides pour en faire serment, nous avions juré que le derniers des deux qui resterait, irait porter sa capsule sur la tombe du premier parti. A ce moment là nous étions loin d’imaginer que notre dernière baroude se ferait hors de notre bonne vieille planète bleue. Tu ne connais peut-être pas Senlabièr, c’était mon meilleur ami et il est mort à Galoban. On m’a dit qu’il était enterré dans le jardin de l’hôtel de l’ambassade et moi je ne pourrai jamais y aller. Alors je te remets cette capsule et je te demande, si un jour tu vas par là-bas, de la déposer sur sa tombe.

Mike prend la capsule et la regarde un moment.

- Je ne sais pas quand j’irai à Galoban, mais je vais garder cette capsule jusqu’à ce jour et je vous promets qu’elle sera mise sur la tombe de votre ami.

A ce moment précis on remarque un voile sur les yeux de Bakaçable. Cet homme, un mercenaire rompu à tous les combats et coups fourrés qui à tué certainement un grand nombre de personne, qui affirme un visage dur et sans émotion, cet homme en une seconde vient de changer de masque et peut-être pour toujours. Il se tourne vers Mikael, tend sa main et :

- Je suis prêt, partons vite… Merci Dorine et Mike, merci ! Dit-il la voix légèrement cassée.

Dix secondes plus tard, ils sont dans la cuisine à peine éclairée par une faible lune qui passe à travers la fenêtre ronde. Mikael est soulagé, les femmes dorment. Rapidement il entraine Bakaçable vers le hall et tourne doucement les deux verrous de la porte d’entrée.

- Voilà monsieur, le portail c’est tout droit mais faudra escalader, il est fermé. Lui indique Mikael à voix basse.

- Parfait, je ne sais si un jour je pourrais te renvoyer l’ascenseur mais encore une fois, un très grand merci pour ça. Adieux Mikael et prend bien soin de toi.

- Bonne chance monsieur.

L’homme disparait dans la nuit, Mikael referme la porte sans faire de bruit, retourne en cuisine puis pose son doigt sur la page ouverte du livre.
Revenu dans le sous–sol, allégé d’un poids, il annonce à ses deux amis que la mission est accomplie.
Tous les trois reviennent au fortin et demandent des nouvelles de Baccardi.

- Dans une petite heure il est là. Nous attendons pour manger avec lui, il nous invite sur le Troudanlo. Informe Mirabelle.




Episode 118


La victoire (Dernier Acte)


Il est un peu plus de treize heures quand le Troudanlo 3 arrive à quai. Une foule se presse pour ovationner le capitaine et son équipage kidnapingre d’avoir participé à la victoire.
Juste derrière arrive le Bouchtrou 4 et trois galères.
Mirabelle Clakett, Dorine, Gary, et Mike regardent les deux navires côte à côte avec une émotion particulière. L’histoire est étrange, n’avait-elle pas commencé pour eux par un terrible combat naval entre les deux bateaux de même noms ? Une fois la coupée installée les invités du capitaine Baccardi montent à bord. Une longue table est dressée au centre du pont principal et d’autres disposées autour pour l’équipage. Glassalo est dans tout ses états, il saute au cou de ses amis et danse autour des tables en chantant « On a gagné ! On a gagné ! »
Un somptueux banquet préparé par Glassalo et son équipe. Il y en aura d’autre prévoit le mage Arnak en faisant voler au dessus des deux navires des centaines d’oiseaux de toutes les couleurs.
Il était évident que Dorine, Mike et Mikael allait fêter la victoire en l’arrosant généreusement de champagne à bulles verte et c’est ivres qu’ils sont couché dans la cabine de Baccardi. Aucun grief à leur encontre, la victoire est si belle ! En revanche il faudra attendre que Mikael dessaoule un peu avant de prévoir le retour de Baccardi au château.
A vingt heures, Mikael semble à peu près stable. Sur le pont principal tout son équipage est réuni. Baccardi s’adresse à Ematom et lui remet le commandement du Troudanlo 3 sous les ovations.
Un peu plus tard dans le carré, le mage Arnak conseillé de l’impératrice, informe Mikael des réjouissances qui vont être organisées dans quelques semaines, le temps de retrouver un peu de sérénité et réorganiser le territoire. Mikael assure qu’une fois chez lui, un livre restera ouvert dans sa salle de réception et que le mage par l’intermédiaire de Mike pourra à tous moments le prévenir du calendrier.
Mirabelle, Clakett, Dorine, Gary, Baccardi, le mage Arnak, Mike et Mikael descendent à quai et rejoignent la résidence. Il est temps de se dire au-revoir.

A huit heures du matin, Baccardi et Mikael arrivent dans la cuisine du château. Melle Véra est étincelante de joie. Enfin il est de retour sain et sauf si ce n’est qu’une légère cicatrice à la jambe.
Dans le grand salon, Baccardi raconte son aventure et Mikael annonce qu’aux festivités à venir, Madame Iris, Melle Véra, Ellie, Agramant y sont conviés en plus bien entendu de tout celles et ceux qui étaient déjà inscrits à Irizème avant le conflit.

Le lendemain, Ellie a enfin ce qu’elle désirait et je ne sais si Baccardi avait réussi à courber sur ses genoux la pulpeuse Belazur mais, si ce fut le cas, sans doute pas assez car vu la belle fessée donnée à la provocante Ellie, il avait sans doute un peu de retard à rattraper.



A Fantasmaginaire sur le territoire impérial en paix Clakett et Mike ont retrouvé avec bonheur leur fils, mais ce dernier un peu trop gâté par l’impératrice est devenu pendant quelques jours très capricieux. Ses yeux ont changé et les parents savent maintenant qu’il sera Inquêteur.


Six semaines plus tard, c’est la première fête à Fantasmaginaition et pour Agramant, cette fois c’est la grande découverte, autre dimension qu’une petite cabine de galère impériale la nuit. Pour Ellie c’est aussi une première, elle ne connaissait qu’Irizème et Fantasmartingal. Pour Jack, c’est un retour et son regard vers l’hôtel de l’ambassade en dit long sur ses souvenirs. Pour madame Iris c’est la visite qui se poursuit sauf qu’à l’inverse, elle ne connait pas encore Irizème. Lady Dark à rouvert l’Île de l’Ouest et ce soir tous ses anciens et nouveaux amis y sont : Aline, Mirabelle, Dorine, Clakett, Iris, Melle Véra, Ellie, Baccardi, Glassalo, Agramant, Jack, le mage Arnak, Mike et Mikael.

Un mois plus tard, c’est à Galoban qu’une énorme fête est organisée par les quatre amiraux. Fait unique dans l’histoire, les Capitaines Kidnapingres et leurs équipages qui ont fait alliance avec les Vagalâmeurs sont également invités.

Ainsi la victoire fut fêtée. Il reste à Madame Iris, Baccardi et Mikael à se rendre aux palais Impérial quand il sera reconstruit pour y recevoir le ruban couronné ; nouvelle décoration inventée pour la cause et réservée aux ressortissants de l’autre monde. Mais pourquoi Baccardi puisqu’il est natif de Fantasmaginaire ?
Parce que dans toute règle il existe une exception.

Aujourd’hui, il reste les séjours à Irizème et Ellie, Iris, Melle Véra, Baccardi, Agramant,  Jack et Mikael ne manquent jamais un rendez-vous.



Episode 119


EPILOGUE



Hoducol condamné aux galères n’a pas ramé longtemps, profitant de la sortie quotidienne sur le pont il s’est jeté dans l’océan et à refusé les cordes tendues pour le récupérer. Avec ses dents il s’est saigné l’avant bras et quelques minutes plus tard, les lapins de mer n’étant pas de fins gourmets l’ont dévoré.

Horace de Fantenay et Childéric Halebard, condamnés aux galères à perpétuité rament toujours sans plus jamais s’être rencontré.

Kalessèsh, Boucharom et Passpariçi et les quelques terriens prisonniers rament également.

Les équipages Crèvesueurs, Creuztatombs et le peu de kidnapingres qui avait combattus sous les ordres des deux prédicateurs et de Hoducol, après avoir reconstruit ce qui avait été détruit en territoire Végétateur et Impérial ont été renvoyé dans leur patrie contre caution.

Laikayé, le second de Kalessèsh à bénéficié de la clémence des juges et de l’Impératrice grâce, comme l’avait prévu Bakaçable, à son comportement pendant la bataille de Fantasmalice et de l’aide apporté pour dégager l’épave du Karanteure. Après avoir séjournée six mois en prison, il a été libéré et renvoyé sur son territoire.

Roultakaice, Bombash, Nesskafé et Petiné n’ont toujours pas été retrouvé et personne ne les a jamais croisés.

Sur la grande place de Galoban, à côté de la statue de Dorine et Mike, à été érigée celle de Baccardi et de Fécémag.

La baie nommé par Senlabier « Cassine » porte toujours ce nom et c’est d’ailleurs l’unique baie de tout Fantasmaginaire à être intitulée.
Mike, comme il l’avait promis à Bakaçable, à déposé la capsule de whisky sur la tombe de Senlabier.

Sur le port, le vieux Chym a enfin trouvé le repos éternel, remplacé par un infortuné nouveau.

Les deux dernières Dragonettes des impériaux ont été baptisées « Iris et Mikael »

Mirabelle, Gary et Clakett sont membres du grand conseil à titre honorifique.


Les Capitaines Kidnapingres Capnor et Bochapo n’ont jamais repris la mer pour chasser les Vagalâmeurs. Ils ont revendu leurs bateaux et ont édifié le premier village de vacances de Fantasmaginaire sur la côte Est-Sud de leur Territoire. Les équipages et capitaines Kidnapingres s’y précipitent pour passer une semaine ou deux de repos quand ils ont fait une bonne campagne et le village affiche complet toute l’année. Comme ils ont également ouvert des maisons de jeux dans leur parc, les bagarres y sont fréquentes mais parait-il que les bénéfices couvre largement la casse.

Glassalo à repris les commandes de son restaurant.


Les trois ingénieurs impériaux ont développé un ballon à air chaud. Ces engins sont de plus en plus utilisés comme vigie sur les navires impériaux et Vagalâmeurs. En ce moment ils se penchent sur un petit moteur à ventilettes pour actionner une hélice. Trop peu puissant pour propulser le plus lourd que l’air, il sera probablement adapté aux ballons.

Une équipe supervisée par le mage Arnak et le colonel Océbé se charge de récupérer toutes les armes et matériels restants des terriens afin de les détruire.

Bien que beaucoup connaissent la liaison entre les deux mondes, cela ne semble pas avoir profondément changé le quotidien de la planète Fantasmaginaire et sur l’unique océan les hostilités habituelles ont repris.

Le Troudanlo 3 écume toujours mais d’après ce qu’on raconte, il attaquerait les navires Crèvesueurs, Creuztatomb et Entoqués délaissant les Vagalâmeurs. A ce qu’on dit, l’équipage ne s’en plaint pas y trouvant autant de bénéfices. Baccardi, l’ors d’une de ses visites à Irizème a donné un drapeau noir à tête de mort pour qu’il soit remis au Troudanlo 3 en justifiant hilare, que maintenant c’était un navire pirate.


Bakaçable a changé d’identité et s’est exilé en mer des Caraïbes, il a acheté un bateau et fait du fret entre les îles. Il a tenue parole et jamais n’a parlé de Fantasmaginaire.

Ellie n’a toujours pas trouvé la combine pour faire correctement voler un martinet mais peut-être qu’à force de persévérance…

Madame Iris a clôturé définitivement le dossier concernant les deux Prédicateurs et dans son bureau, a affiché un dessin de Mikael représentant les Pics du Labyrinthe.
Quand on lui demande où se trouve ce site, elle répond d’un air évasif que c’est quelque part dans l’univers.

Mikael a repris ses illustrations des textes de Baccardi et d’autres auteurs. Dans ces temps libres, il écrit Fantasmaginaires. Très soucieux, il fait corriger les épisodes par madame Iris qui, très pointilleuse, lui apprend les règles grammaticales et orthographiques. D’après elle, on mémorise beaucoup mieux par les fesses.

L’institution Lafleurodent de Melle Véra accueille toujours des stagiaires et à ce qu’on raconte, une certaine Dorine et un certain Mike viendraient de temps en temps avec la complicité de Mikael y jouer les chipies et les chenapans. A croire quelques racontars, il y aurait dans ce château également des dragons et un étrange monsieur qui viendrait la nuit hanter les couloirs et effrayer les stagiaires.

Ainsi se termine la Saga Fantasmaginaire.


FIN




Je vais maintenant vous présenter les personnages qui ont une réalité dans notre monde. Celles et ceux qui ont accepté de jouer dans cette saga sous leur pseudo.

Elles et ils m’ont fait confiance, espérant ne pas les avoir trahis, et je les remercie du fond du cœur, j’ai vécu une très belle aventure en leur compagnie.

Pour ne pas faire de jaloux, j’ai opté pour une présentation par ordre alphabétique, seuls Mike et Mikael sont en dernier pour une raison évidente.

Merci à tous !